Le masculinisme est au féminisme ce que les cryptomonnaies sont à l’euro.

Oui… Je sais ce que vous allez me dire… « Ma Raffaello ! Fa schifo ! Ma di che cosa stai parlando ! »… « Comment peux-tu établir un lien entre masculinisme, féminisme, et cryptomonnaies ? ». « Ça n’a rien à voir ! ».

Certes. Il n’existe a priori aucun lien entre l’euro et le féminisme, ou entre MGTOW et le Bitcoin. Et pourtant, à y regarder de plus près, certaines tendances, certaines structures, certaines modalités de fonctionnement me conduisent à faire un parallèle entre masculinisme et cryptomonnaies, et entre le féminisme et l’Euro. Mais avant d’effectuer une comparaison entre deux réalités (très) différentes, je dois m’arrêter sur quelques définitions. 

Le masculinisme est encore ce qu’il y a de plus difficile à définir. Chacun possède sa propre définition. Un grand nombre d’hommes MGTOW refusent de se dire « masculinistes » ou ne se reconnaissent pas dans la description, ou refusent d’être assimilés à un « mouvement », quel que soit les contours et l’étendue que l’on donne à celui-ci. Il n’en demeure pas moins que les Men Going Their Own Way font partie de l’Androsphère, que cela leur plaise ou non. 

En ce qui me concerne, je propose une définition particulièrement large et « englobante », selon laquelle le masculinisme est une praxéologie qui se donne pour objet l’analyse de la condition masculine et des interactions hommes/femmes du point de vue béhavioriste et du point de vue de la psychologie évolutionniste (dit aussi « évolutive » ou « évolutionnaire »). Étant une praxéologie, et non une idéologie comme le féminisme, le masculinisme décrit les relations entre les sexes telles qu’elles sont, et ne les interprète pas en fonction d’une idée philosophique, politique ou religieuse. Le masculinisme puise ainsi ses sources dans des domaines aussi varié que les sciences juridiques (mariage, divorce, garde des enfants), les sciences économiques (réfutation du mythe de l’écart salarial), les sciences sociales (critique de la « déconstruction »), la biologie, l’histoire, la philosophie, l’anthropologie, la psychologie, etc… sans toutefois s’enfermer dans une interprétation monolithique, dans une explication unique et mono-causale. 

Le féminisme est plus simple à définir. Il s’agit d’un ensemble de mouvements et d’idées philosophiques et politiques qui prétendent promouvoir l’égalité (politique, économique, culturelle, sociale et juridique) entre les hommes et les femmes en militant exclusivement pour les droits des femmes, dans la mesure où le féminisme repose sur le postulat selon lequel par principe, les femmes sont victimes

« Et alors ? », me direz-vous. Quel rapport avec une cryptomonnaie, qui est une monnaie numérique émise de pair à pair, sans nécessité de banque centrale, utilisable au moyen d’un réseau informatique décentralisé ? Quel rapport avec l’Euro, qui est la monnaie unique qui a cours légal dans l’Union Européenne ? Et bien justement, tout est dans le fonctionnement

Un réseau décentralisé face à une autorité centrale.

Ce qui caractérise l’Euro et le féminisme, c’est une concentration du pouvoir : la monnaie est gérée par la Banque Centrale Européenne (BCE) et par les banques centrales des États de la Zone Euro, ce qui forme « l’Eurosystème ». De la même manière, il existe en France une autorité centrale similaire, le « Ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances ». La BCE est l’unique instance ayant le pouvoir de fixer une politique monétaire pour l’ensemble de la zone euro, et de même, le ministère est l’unique branche de l’État qui règlemente, ou gère la condition féminine, « l’emploi féminin », les droits de la femme, la parité ou encore « l’égalité entre les femmes et les hommes ». Par ailleurs, le féminisme repose également sur un « réseaux » extrêmement puissant constitué d’associations féministes subventionnées par l’État, disposant de moyens économiques, de ressources financières, et de visibilité médiatique très importants. 

A l’inverse, une cryptomonnaie ne repose pas sur une banque centrale, mais sur une « Blockchain » : un registre distribué (ou grand livre de comptes), consultable par tous, qui répertorie l’ensemble des actions du réseau depuis l’origine. Les informations sont appelées transactions, et sont groupées dans des blocs. Chaque acteur du réseau possède et vérifie chaque bloc. Et tous les blocs forment une chaîne. Comme il n’y a pas d’autorité centrale ou de tiers de confiance, le système est dit « décentralisé ». De même, il n’existe pas de ministère masculiniste, ni d’associations, ni de subventions, ni de structures, ni de « syndicats MRA », ni « d’institution MGTOW », ni d’académie de la Séduction. Il n’y a qu’un réseau constitué d’internautes qui échanges des idées sur des sites ou des forums. Je rappelle ici ce qui est écrit sur la page « qu’est-ce que MGTOW ? » : « MGTOW n’est pas un mouvement. (…) MGTOW n’est pas politique. MGTOW n’est pas activiste. (…) MGTOW n’est pas subventionné. MGTOW n’a pas de dirigeant. »…

L’anonyme et « l’influenceur ».

Il y a les « gens », et il y a les célébrités, dont on connaît l’identité et le visage. La présidence de la BCE est Christine Lagarde. La ministre chargée des Droits des femmes est Elisabeth Moreno. De la même manière y a des féministes connues : Mona Chollet, Rokhaya Diallo, Simone de Beauvoir, l’infâme Cuck Thomas Messias, etc… Vous pouvez également trouver l’identité et le nom d’un grand nombre de féministes qui président des associations, qui sont beaucoup suivies sur les réseaux sociaux, qui se revendiquent ouvertement féministes en milieu professionnel. 

A l’inverse, Bitcoin a été conçu en 2008 par une personne ou un groupe nommé « Satoshi Nakamoto », dont la véritable identité est toujours inconnue. Et de même, la (quasi) totalité du milieu masculiniste est composé d’anonymes. Dans la vie réelle, personne ne se revendique ouvertement « mascu » en famille, en société, ou dans une entreprise. Et sur internet, les contributeurs ont un pseudo, mais n’ont ni corps ni visage. Tout cela repose sur une certaine logique : l’anonymat va de pair avec la décentralisation. A l’exemple de MGTOW qui « n’a pas de dirigeant », le masculinisme n’a pas de visage, ni de nom, ni d’identité. 

Il convient de noter que, récemment, certains « influenceurs » tentent maladroitement de s’approprier des idées pour leurs bénéfices personnels, à l’exemple de Julien Rochedy ou de Papacito, qui cultivent une certaine image « virile ». En réalité, ces tentatives désespérées pour satisfaire leur Ego (…et remplir leurs portefeuilles) ne peuvent conduire qu’à l’échec, dans la mesure où cela force à prendre position par rapport à une personne et non par rapport à une idée. Dans cette optique, on peut définir la « masculinité » comme l’ensemble des idées, des opinions, des convictions, des actions et des revendications formulées par l’ensemble des hommes. Cette définition est importante dans la mesure où ce qui compte, ce sont d’abord les idées, les opinions, les convictions, les revendications, et enfin, les actions concrètes ; et ce qui est secondaire, ce sont les personnes elles-mêmes. Ce qui est important, ce sont les faits, les concepts, les théories, et en dernier, les opinions. Les personnes, les individualités, voir même les « personnalités » devraient être secondaires. 

J’espère qu’à l’avenir, l’androsphère restera un espace anonyme dans lequel les idées comptent davantage que les personnes. Si des « hommes » tels que Rochedy ou Papacito réussissent à s’accaparer les concepts de « virilité » ou de « masculinité », cela va obliger les internautes à prendre position « pour ou contre » une personne, plutôt que de s’intéresser à la justesse d’une idée. Il y a donc là une menace à la structure de l’androsphère : l’espace web risque de s’organiser davantage autour de personnalités disposant d’un grand nombre d’abonnés et/ou de sites disposant d’une grande audience, au détriment d’une myriade de « petits » comptes et de « petits » sites qui, eux, pourtant, peuvent être tout aussi intéressants. Voilà le problème quand les personnes prennent plus d’importance que les idées : les idées intéressantes véhiculées par les petits comptes sont moins consultées que les comptes des « personnalités » qui se répètent et parlent plus souvent d’eux-mêmes que de leurs idées. Il y a une raison pour laquelle nous sommes anonymes, décentralisés, et gratuits. 

Le pouvoir de battre monnaie et le pouvoir d’imposer une idée.

Le dernier lien qu’il est possible de faire est certainement le plus important. La production des euros est le fruit d’un travail en commun des banques centrales nationales et de la Banque centrale européenne. Nous sommes là aussi en présence d’un système centralisé qui décide de la création, de la fabrication, du stockage et de la distribution de la monnaie. De la même manière, le féminisme repose sur la même « production » centralisée : le ministère conduit des politiques publiques, des associations ou mouvements produisent des concepts aberrant, absurdes et extravagant, sans aucun fondement scientifique : le « male gaze », le « mansplaining », la « culture du viol », ou encore le « manspreading ». Et des « autrices » (sic) produisent une quantité indénombrable d’ouvrages pour « déconstruire la masculinité ». Toutes ces « productions » sont ensuite diffusées à grande échelle en France par l’intermédiaire de puissants canaux d’informations verticaux : l’État, les collectivités territoriales, la télévision, la radio, la presse mainstream, les réseaux sociaux, etc…

Il va de soi que ces idées féministes imposées par un système centralisé sont « impératives ». Si vous êtes en désaccord avec le féminisme, vous voilà « excommunié » : vous êtes un harceleur, un violeur en puissance, un fasciste, pour ne pas dire un Nazi. Autrement dit, la « valeur » d’une idée féministe est attribuée d’autorité de la même manière que la « valeur » de l’euro : c’est une « valeur nominale » qui est conférée par l’autorité centrale qui lui donne « cours légal » sur un territoire, avec obligation de l’accepter en paiement d’une créance. Vous devez accepter l’euro, de la même manière que vous devez accepter – sans discuter – des idées telles que « les femmes sont victimes », « nous vivons dans un patriarcat », « la masculinité est toxique », etc…

A l’inverse, une cryptomonnaie est émise de pair à pair, sans nécessité de banque centrale, utilisable au moyen d’un réseau informatique décentralisé. Une cryptomonnaie n’est pas qu’une monnaie, c’est aussi le réseau sur lequel elle se déploie : toutes les transactions sont publiques, les propriétaires et les destinataires de ces transactions étant identifiés par des adresses. Le masculinisme est en cela semblable au Bitcoin : les idées sont émises, transférées et échangées en réseau, selon le modèle du « consensus ». Je peux affirmer un certain nombre d’idées dans cet article, ou ailleurs, et vous pouvez être d’accord ou non, modifier mon idée, la compléter, la contredire, apporter des éléments nouveaux, ou des preuves supplémentaires, ou ajouter des arguments, ou les nuancer, etc… Vous pouvez aussi vous en foutre complètement, et c’est ça qui est formidable. L’androsphère est née sur internet, parce que des hommes ont échangés anonymement sur leurs problèmes. 

Féminisme : la fin d’un modèle de société.

Le masculinisme est ainsi une sorte de « conglomérat » de mouvements actifs uniquement sur le Web et très peu dans la vie réelle (il n’existe pas de « parade de la fierté masculine hétérosexuelle » dans les rues de Paris). Face à l’aspect monolithique de la société et des grands médias (la « matrice » féminine et féministe), internet a été dès le début un lieu virtuel sans censure dans le cadre duquel les hommes pouvaient librement discuter et échanger des notes, des constats, des observations, des conseils. C’est comme cela que, dans divers forums, les hommes ont commencé à reconnaître certains « patterns » du comportement féminin : les femmes réagissent toujours de la même manière face à certaines techniques de drague, les femmes sont plus susceptibles de divorcer lorsque leur mari est au chômage, les femmes sont, dans leur ensemble, moins désirables à 30 ans qu’à 20 ans, et moins désirables à 40 ans qu’à 30 ans (le « mur » et la « valeur sexuelle »), etc… Le masculinisme ou le phénomène MGTOW n’auraient pas pu se développer sans internet, et aujourd’hui encore, internet est le medium par lequel la pilule rouge se diffuse. Internet a été en soi une révolution de la communication à travers le monde. Et la pilule rouge est une véritable « révolution » pour les hommes qui, grâce à internet et à la possibilité de discuter librement et sans s’autocensurer (une sorte de « male space » virtuel), ont pu prendre les bonnes décisions (par exemple, ne pas se marier). De la même manière que les cryptomonnaies annoncent un changement de paradigme dans le monde financier (la « finance décentralisée » contre le vieux modèle des banques centrales), le masculinisme annonce un changement de paradigme dans le monde sexuel (le masculinisme contre le vieux modèle féministe). 


Illustration : Moose photos.

One Reply to “Le masculinisme est au féminisme ce que les cryptomonnaies sont à l’euro.”

  1. Bonjour, je me souviens il y a environ 3ans sur une page facebook spécialisé sur les crypto-monnaies( club français de la crypto-monnaies je crois) le commentaire d’une personne qui disait : “j’achète des cryptos parce que je n’ai pas de femme”
    Conçernant votre analyse sur le masculinisme, je partage entièrement votre avis.
    Et en ce qui concerne le parallèle avec les crypto-monnaies, ça parait cohérent

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