Automatisons la réflexion féministe

Seager & Beary (2019) présente une matrice de la pensée féministe, apparemment soumise au biais gamma. À partir de cette matrice très pertinente, on peut essayer d’automatiser la pensée féministe. L’efficacité de cette automatisation sera évaluée à l’aune de l’exactitude de ses prédictions.

BonNuisible
Mode ActifFEMME homme (1)HOMME femme (4)
Mode PassifHOMME femme (2)FEMME homme (3)
Traduction de la matrice représentant le biais gamma, telle que présentée dans Seager & Barry (2019)

Lecture de la matrice

Elle contient 4 cases et nous allons reprendre cette classification. Quand le genre est capitalisé, le genre du protagoniste est mis en avant ; quand il est écrit en lettres minuscules, il est occulté. Cette matrice ne permet pas seulement de décrire les a priori féministes, mais de prédire leurs positions futures sur des sujets dont nous n’avons même pas encore connaissance.

Quand la personne agit pour le bien (1), le genre de la personne sera mis en avant si c’est une femme (Girl Power). Si c’est un homme, c’est en tant qu’humain qu’il agit pour le bien. Ce n’est pas la masculinité d’un homme qui le pousse à se mettre en danger pour sauver d’autres personnes. Quand une bonne chose arrive à une personne (2), la passivité de l’homme sera mise en avant. Il ne mérite pas spécialement ce qui lui arrive de bien (notion de privilège et de patriarcat). Ce ne sera pas le cas pour une femme. Sa passivité sera au contraire mise en avant (3) si une mauvaise chose lui arrive (notion d’oppression). Mais si elle agit d’une mauvaise manière (4), son genre ne sera pas retenu, contrairement à l’homme (notion de masculinité toxique). Si le genre de la femme est retenu, le blâme ira à la masculinité toxique des hommes qu’elle a côtoyés par exemple, ou bien au patriarcat (donc aux hommes) ou encore à sa misogynie intériorisée. Il ne faut jamais blâmer les femmes ou la féminité, mais seulement les hommes ou la haine des femmes (ou de la féminité).

Quelques applications

Case 1

La première case s’est exprimée par la notion que les femmes étaient supérieures moralement aux hommes. Idée que l’on retrouve encore aujourd’hui, mais de façon moins prononcée, plus ponctuelle et moins directe. Les femmes agissent avec bonté et altruisme, de manière totalement désintéressée. Actuellement, les femmes seront simplement célébrées pour leur simple existence, qui est positive par essence. On célèbre les femmes ou la féminité plusieurs fois par an à l’échelle internationale.

Case 2

La deuxième case est assez évidente puisque je présume que vous êtes toutes et tous familiers des notions de privilège et de patriarcat. L’homme ne mérite pas ce qui lui arrive de bien, ce n’est que le fruit de sa position de domination sociale. Nulle mention cependant des privilèges des femmes en Justice par exemple ou encore dans le système scolaire, du fait que la psychologie (notamment les thérapies) soient bien plus adaptées aux femmes, ou encore que le code du travail leur était largement favorable au cours du XIXe siècle.

Cases 3 et 4

Dernièrement, nous avons abordé le mythe du traitement de l’hystérie par vibromasseur. Les hommes y sont actifs et agissent pour le mal (4) et les femmes, passives, en tirent préjudices (3). Ce mythe est donc retenu sans difficulté. Il en va de même pour la théorisation des violences sexuelles et conjugales. Elles reposent sur la mise en avant de la masculinité des agresseurs (4) et la féminité des victimes (3), alors le féminisme défend bec et ongle cette approche en dépit des données empiriques recueillies sur des décennies.

Le cas des enlèvements de Boko Haram est parfait pour illustrer cette matrice. Les membres de cette organisation sont des hommes. Ce point sera mis en avant. Ils ont enlevé, torturé et abattu de façon absolument barbare environ 10 000 hommes et garçons. Les nouvelles de ces actions ne faisaient pas mention du sexe des victimes. Ce ne sont que des citoyens, des villageois (non-genré en anglais). En revanche, quand cette organisation terroriste a vu que cela ne fonctionnait pas et qu’ils ont donc décidé d’enlever des filles au nombre de 300, c’est le monde Occidental entier qui s’est indigné, insistant sur le fait que les victimes soient des filles.

Automatisation

Tout ceci nous amène à la dernière partie de cet article, l’automatisation de la pensée féministe. Si une hypothèse, une information ou même une théorie invalide cette matrice, alors la pensée féministe ira à l’encontre de cette hypothèse, information ou théorie. Si elle ne va pas directement contredire cette position, elle en sera au moins suspicieuse. Et dans le cas où telle chose est impossible, elle justifiera les observations qu’elle ne peut nier. À l’inverse, elle tombera aisément dans le biais de confirmation si cette hypothèse, information ou théorie valide cette matrice.

À cette matrice s’ajoute une hiérarchie. Chaque case n’est pas aussi importante qu’une autre. Ainsi, la pensée féministe pourra admettre l’invalidité d’une case (l’innocence absolue des femmes), mais ce sera au profit d’une autre (la culpabilité des hommes). Une femme qui commet des agressions conjugales ou sexuelles n’est pas réellement responsables parce qu’elle a probablement été victimes en amont, ou bien elle a été encouragée par un homme complice, homme qui est alors considéré comme étant le principal coupable.

Conclusions

La pensée féministe peut parfois paraitre difficile à appréhender. Elle est un peu complexe, mais pas énormément non plus. Cette automatisation n’est pas parfaite, bien évidemment. Le féminisme est complexe et très varié. Néanmoins, je pense que cette automatisation reste très pertinente et aussi, qu’une bonne partie des contre-exemples n’en sont en fait pas. Par exemple, d’aucuns prétendraient que le féminisme aide les hommes battus, or, je pense avoir maintenant assez prouvé qu’une telle affirmation était totalement fausse et même complètement indécente. Outre la minimisation des victimes masculines, la féminité sera mise hors de cause puisque ces hommes seraient en fait victimes d’autres hommes. Et si l’homme est victime d’une femme, on présumera automatiquement que cette femme a elle-même été victime de violences, certainement par un homme, donc elle n’est pas tant à blâmer que l’homme qui lui a causé du tort. La pensée féministe pourra donc invalider une des cases, ponctuellement, mais ce sera au profit d’une autre des cases.

J’estime qu’il est pertinent de comparer cette matrice avec celle de la vision patriarcale. Elle aussi considérait les hommes comme dangereux, immoraux et corrompus, par opposition aux femmes pures et innocentes. Le patriarcat vantait autant les actions positives des femmes que celle des hommes, même si les actions en elles-mêmes étaient différentes, bien évidemment. Les femmes agissaient avec plus de moralité et d’intégrité, mais les hommes agissaient pour le bien commun. En revanche, il ne mettait pas en avant les privilèges de l’un ou l’autre. Les féminismes n’ont jamais tenté de supprimer les oppressions, ils veulent simplement les modifier. On refuse de l’admettre parce que nous sommes tous soumis à la partie Nuisible de la matrice. Nous refusons de voir les femmes comme dangereuses, immorales ou mal-intentionnées ; et de voir les hommes comme de potentielles victimes innocentes et impuissantes face à une situation.

BonNuisible
Mode ActifFEMME HOMMEHOMME femme
Mode Passifhomme femmeFEMME homme

One Reply to “Automatisons la réflexion féministe”

  1. Il est plus simple de voir que c’est la morale des faibles qui régit les sociétés chrétiennes/occidentales. Faire honte aux forts (physiquement) parce qu’ils sont forts est la tactique principale des faibles pour mettre les forts à leur service. Les faibles sont supérieurs moralement dans cette morale des faibles et les forts inférieurs. Les riches ne sont que célébrés comme les femmes alors que leurs exactions sont bien pire que tout ce que peut bien faire un homme fort physiquement. Les faibles utilisent les forts pour mater les forts récalcitrants. Les riches ont matés les GJ par l’intermédiaire des FO. Les riches sont vertueux par essence comme les femmes dans cette morale des faibles, tout ça car ils n’utilisent pas directement la force. Tout ce qui FO et autres services sont au service des faibles en étant gavés de mythes et croyances fabriquées par les faibles pour les utiliser contre les forts récalcitrants. Il n’y a pas plus obéissant au “droit”, celui fabriqué par les faibles à leur propre avantage, que les FO et autres services.
    La position des femmes, des riches, des immigrés est toujours la “bonne” moralement, les autres devant être à leur service sinon ils sont “mauvais”. La position des hommes est toujours mauvaise quoiqu’ils fassent, sauf si c’est à l’avantage des faibles (pompiers, policiers, métiers dangereux etc etc) et bien sur aucun remerciement, car c’est “normal”, c’est leur “devoir”, c’est “être un homme”. Nietzsche à raison comme Schopenhauer son maître.

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