L’instabilité du couple incombe à l’homme

C’est en tout cas ce que vous entendrez régulièrement. En science, pour étudier une situation complexe impliquant plusieurs paramètres, il est parfois nécessaire de modifier les paramètres (si possible un seul à la fois) pour étudier tout changement, et donc identifier les causes aboutissant à la situation originelle. Ainsi, comme pour les violences conjugales dans les couples LGB, je vous propose d’étudier les divorces dans les couples lesbiens et gays pour les mettre en relation avec les couples hétéros.

Groupe témoin : les hétéros

La moitié des mariages sont interrompus au bout de 9 ans en moyenne, à 70% par des femmes. On retrouve ce même ordre de grandeur lors de la Révolution Française. La principale raison invoquée pour les divorces est l’adultère (environ un tiers des cas) et à l’inverse la jalousie abusive est invoquée dans 15% des cas. Les autres raisons concernent chacune 10% à 22% des divorces (manque d’affection, de soutien, mauvais caractère, incompatibilité, divergence de vision du couple, problèmes financiers et la belle-famille). Plusieurs raisons peuvent être invoquées en parallèle.[1]

On en conclura que les hommes sont fautifs dans 70% des cas et qu’ils ne font pas assez d’efforts. L’instabilité du couple leur est attribuée. Flemmards, machos, abusifs, infidèles, etc. Néanmoins, tout MGTOW qui se respecte sait la force du hamster rationalisant dont le concept de pervers narcissique est une manifestation. Si le problème c’est « les hommes », voyons donc comment les couples constitués d’hommes uniquement fonctionnent, et comment ceux dépourvus d’hommes s’en sortent.

Couples lesbiens et gays

Malheureusement pour les féministes, le consensus est assez clair : les lesbiennes divorcent beaucoup plus que les gays. On retrouve cette tendance partout où le mariage homosexuel est légal et où des données sont disponibles. Cependant, on ne dira pas que les couples lesbiens sont moins stables pour autant. Non. Ils sont juste plus « dynamiques ».

La France ne distingue pas la nature du couple marié ou divorcé, nous n’avons donc aucun chiffre à disposition. On peut en revanche se tourner vers la Scandinavie, pionnière dans le domaine du mariage homosexuel.

Scandinavie

Pour le Danemark, où le mariage homosexuel est légal depuis 1989, les lesbiennes ont une probabilité de divorcer à deux-tiers supérieures à celle des gays entre 2013 et 2020. Pour 2081 mariages lesbiens actés, 431 divorces ont été prononcés (soit 20,7%) ; pour 1322 mariages gays actés, 163 divorces ont ont été prononcés (soit 12,3%) [2a][2b]. Le taux de divorce des homosexuels dans l’ensemble est plus faible que celui des hétérosexuels

La Suède et la Norvège présentent une différence encore plus prononcée [3a]. Les lesbiennes divorcent deux fois plus souvent que les gays. En Suède uniquement, ces derniers divorcent aussi souvent que les couples hétérosexuels [3b].

Les autres pays

Il semblerait que l’on retrouve le même phénomène au sein des autres pays ayant légalisé le mariage gay (e.g. Pays-Bas, Belgique, Royaume-Unis). Bien que le taux de divorce des couples homosexuels est plus bas que celui des couples hétérosexuels, celui des lesbiennes est nettement plus élevé que celui des gays. Pour le Royaume-Uni par exemple, le ratio atteint presque 2,5 [4a]. En Belgique pour 2016, le ratio de divorce est de trois quarts [4b]. Néanmoins, pour certains pays, ce n’est pas déterminé avec certitude. Pour les USA par exemple, les taux de divorces suivent ceux des couples hétérosexuels, néanmoins, il n’est jamais expressément précisé que les couples lesbiens divorcent plus souvent que les couples gays [4c]. C’est implicite, donc à prendre avec des pincettes.

Les couples homosexuels sont-ils plus stables ?

La raison de cette disparité n’est pas uniquement le facteur féminin, bien évidemment. Le but n’est pas de blâmer les femmes, mais de montrer la faiblesse de la rhétorique populaire et féministe blâmant les hommes de tous les maux de notre monde. Même si les couples homosexuels divorcent moins, ils n’en sont pas forcément plus stables. En effet, nous avions déjà vu que les violences subies et commises au sein de ces couples étaient comparables en terme de fréquence à celles commises au sein des couples hétérosexuels.

Face à ces chiffres de divorce, certains prétendront que la lesbophobie en est la cause [5a]. À titre personnel, je ne comprends pas le rapport, mais admettons. Cette interprétation n’est pas recevable puisque le taux de divorce des gays (subissant de l’homophobie) est généralement similaire ou inférieur au taux de divorce des couples hétérosexuels. Les hypothèses plus crédibles sont les différences d’âge au moment du mariage (les gays se marient plus tard) et les différences d’attente entre les hommes et les femmes concernant le couple [5b]. L’hypothèse selon laquelle les couples homosexuels se mariant étant les plus stables est formulée [5c]. Ceux qui font le choix de se marier sont déjà en couple depuis plus longtemps et leur décision est donc plus responsable que la moyenne des couples hétérosexuels qui se marieront de façon irréfléchie plus souvent.

En outre, quand on étudie les couples dans leur ensemble et pas uniquement les couplés mariés, le ratio s’inverse : les couples homosexuels durent moins longtemps [6]. Néanmoins, là encore, les couples lesbiens sont les moins durables.

Conclusion

Sans réelle surprise donc, la position féministe (et populaire) est totalement absurde et injustifiée. Il est de bon ton de blâmer les hommes de tous les maux de la Terre. Certainement qu’ils sont même responsables de la durabilité moindre des couples lesbiens, allez savoir… Il n’y a rien de surprenant dans ce traitement. Être viril, c’est être actif, responsable ; être féminin, c’est être passif, victime. Telle est l’approche que le féminisme priorise, en parfait héritier du patriarcat qui s’ignore. À l’instar d’une ado faussement subversive qui va cracher sur la main qui lui offre confort et sécurité dès qu’elle croit voir une once d’indépendance à l’horizon, le féminisme méprise et rabaisse les hommes dès que ce dernier s’apprête à lui offrir des congés menstruels.

Le féminisme n’est que l’allégorie de l’orgueil mal placé des femmes, toléré par les hommes. Certains de ces hommes ne font que se soumettre, d’autres laissent couler parce qu’ils ont mieux à faire que d’accorder du temps à ce genre de divagation puériles dignes d’adolescents en manque d’attention et de confiance en soi. Les femmes quant à elles ne sont pas toutes sujettes à cet orgueil. Certaines resteront passives face à ce féminisme, mais tout à fait active dans la jouissance des acquis féministes.

Cette haine ne se limite pas à ce sujet, bien évidemment. En outre des sujets déjà abordés au sein du couple, on le retrouve aussi dans le fait de blâmer les hommes pour le non-versement des pensions alimentaires. Or, cela concerne environ un quart des hommes devant verser une pension, contre deux tiers de leurs homologues féminines.[7] Donc oui, les hommes sont majoritaires à ne pas payer de pension, mais parmi ceux les parents non-gardiens qui ne paient de pension, les mères sont sur-représentées. Mais là encore, on blâmera les hommes en tant qu’hommes. Ces hommes qui ne paient pas agissent par soumission à leur masculinité toxique. C’est complètement débile, c’est féministe.

Sources

[1] « Combien de couples divorcent en France et pourquoi ? », Justifit (2020)
[2a] « Number of marriages between two same-sex partners in Denmark from 2012 to 2020 », Statista (2021)
[2b] «  Number of divorces between same-sex partners in Denmark from 2013 to 2020 », Statista (2021)
[3a] « The demographics of same-sex marriages in Norway and Sweden », G. Andersson, T. Noack, A. Seierstad, H. Weedom-Fekjær (2006)
[3b] « Two Decades of Same-Sex Marriage in Sweden: A Demographic Account of Developments in Marriage, Childbearing, and Divorce », M. Kolk & G. Andersson (2020)
[4a] « Lesbian couples two and a half times more likely to get divorced than male same-sex couples, ONS figures reveal », M. Bulman, The Independent (2017)
[4b] «  Moins de divorces, plus de mariages homosexuels en 2016 », StatBel (2017)
[4c] « Marriage, Registration and Dissolution by Same-Sex Couples in the U.S. », G.J Gates, D. Ho & L. Badgett, Williams Institute (2008)
[5a] « 15 years of gay marriage; gay women most likely to divorce », DutchNews (2016)
[5b] « Lessons From a Gay Marriage Despite stereotypes of gay relationships as short-lived, gay unions highlight the keys to success », M. Jones (1997)
[5c] « Divorce & Marriage Rates for Same-Sex Couples », F. Hertz, HuffPost (2014)
[6] « La séparation chez les couples corésidents de même sexe et de sexe différent », B. Marteau, Population (2019)
[7] « Un quart des parents non gardiens solvables ne déclarent pas verser de pension alimentaire à la suite d’une rupture de Pacs ou d’un divorce », R. Lardeux, DRESS (2021)

2 Replies to “L’instabilité du couple incombe à l’homme”

  1. Avez-vous fait une étude sur les suites psychologiques des divorces?
    Ca pourrait-être interessant á mettre en relation avec les pensions alimentaires non payées, car le divorce est souvent le début d’une descente aux enfers psychologique.

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