Affaire PPDA : habituez-vous aux scandales promotionnels…

Plus qu’un article factuel, qui s’acharnerait à compter les torts de part et d’autre d’une relation dont on ignore presque tout, il me paraît judicieux de dresser une sorte de chronologie de la dérive MeToo et un modus operandi des scandales promotionnels…

Ce que MeToo promettait au départ

Présenté au grand public sous un jour extrêmement favorable, le mouvement MeToo devait être libérateur et démocratique. On allait enfin, nous disait-on alors, parler de toutes ces femmes qui étaient victimes de viol mais n’osaient rien en dire. Des femmes terrorisées à l’idée de parler de sévices endurés et qui grâce à l’anonymat du net et à la vague mondiale de plaintes allaient briser l’omerta pour se libérer d’une souffrance trop longtemps enfouie.

Et effectivement, des plaintes sur Twitter il y en a eu par milliers. Les féministes comptaient les messages sous les hashtags en faisant des points quotidiens pour affirmer que X millions de femmes avaient déjà témoigné. L’ambiance se rapprochait assez d’une longue soirée de Téléthon. On pouvait donc sereinement espérer que la libération allait avoir des lendemains heureux et que les femmes du quotidien, loin de l’aura médiatique dont bénéficient leurs alter-égos du show-business, verraient leur parole mieux considérée.

Tout mouvement qui se présente comme juste, égalitaire, et pour le Bien, se trouve de facto exonéré de suspicion sur sa démarche… Le mouvement MeToo partait d’une bonne intention, sachez-le, donc cela excuse tout. Je me rappelle pourtant une discussion avec une féministe, dès la semaine de lancement de cette campagne de communication. Elle m’expliquait alors avoir dénoncé un de ses exs qui était «jaloux» et l’avait larguée, parce que c’était «une mauvaise personne» et qu’il «méritait» d’être dénoncé. Voilà qui était déjà beaucoup moins noble et courageux que ce que disaient les journaux de l’époque, dont le silence sur les fausses accusations est resté, jusqu’à ce jour, assourdissant. Combien de femmes se sont livré à des «revanches» du même genre, je l’ignore, et je doute que nous le sachions un jour…

Je ne m’étendrai pas sur l’idée que Twitter n’est pas un tribunal et que les lynchages en place publique ne constituent qu’une pâle copie de Justice. Cette prémisse, à elle seule, témoignait déjà de la perversion du mouvement. Tout comme l’injonction à «croire les victimes» sans exiger d’éléments de preuve. Si les fruits de MeToo sont pourris, c’est que ses racines le sont aussi…

Photo de Elijah O’Donnell provenant de Pexels

Des inégalités au sein de MeToo

Une observation beaucoup moins fréquente dans le débat public c’est que même sa promesse égalitaire, MeToo ne l’a pas tenue. Passée la première semaine en effet, durant laquelle on a pu lire ici ou là des témoignages de femmes ordinaires, MeToo est redevenu rapidement l’apanage des élites du show-business et starlettes en tous genres. Que sont devenus les millions de témoignages anonymes ? Pas beaucoup plus que les millions de tweets publiés chaque jour et dont l’existence s’oublie dans l’heure qui suit leur publication.

Loin de la promesse de départ, MeToo est un mouvement à deux vitesses où la portée de l’accusation est fonction de la célébrité de l’accusatrice et de l’accusé. Ce qui a toujours existé dans les bas-fonds de la presse people, en réalité.

La seule originalité de MeToo consiste à exploiter sans vergogne l’indignation publique et l’habillage féministe pour prétendre que les règlements de compte entre célébrités reflètent un problème de société. Qu’importe si les frasques des délurées hollywoodiennes ne sont représentatives de rien que la débauche d’un microcosme malsain où un rôle d’actrice peut s’acheter en nature.

Le scandale promotionnel, mode opératoire

Le mode opératoire de MeToo est rodé et bien huilé. Asia Argento elle-même semble montrer la voie, en accusant régulièrement des producteurs/réalisateurs en vue pour se rappeler au bon souvenir des médias. Elle s’est souvenue récemment d’une agression sexuelle datant de 2002, avec 19 ans de retard. Sans doute qu’elle aurait pu, à supposer qu’elle soit vraie, la mentionner en 2017. Hugo Clément, qui a entretenu une liaison avec elle, est probablement le prochain sur la liste. Car, comme Shéhérazade dans Les mille et une nuits, Asia Argento joue sa survie médiatique en vendant ses histoires. A 45 ans sonnés, le mur étant advenu, son principal outil de travail a perdu de sa valeur. La loi des projecteurs est ingrate : ils préfèreront toujours les sylphides aux sorcières…

En France, MeToo semble servir de tremplin à des femmes de lettres de l’ombre. Moyennant une amourette avec une célébrité (terme fourre-tout), on pourra a posteriori re-raconter cette histoire dans une perspective d’abus, d’emprise, de manipulation, de contrôle, de harcèlement, de baisers volés ou forcés… Alors, la corrida pourra commencer. Les faits, qui remontent le plus souvent à dix ou vingt ans, seront pesés et analysés à n’en plus finir. Et article de presse après émission de radio, la victime auto-désignée de cette matérialisation de la «culture du viol» pourra non seulement raconter sa version des faits mais surtout faire la promotion de son dernier livre «très personnel» dans lequel elle écrit tout cela… Procédé parfaitement dégueulasse, et qui se répète ces derniers temps avec une régularité de métronome : Henda Ayari, Adèle Haenel, Vanessa Springora ou désormais Florence Porcel.

Cette dernière, nous explique que durant cinq longues années, Monsieur Poivre d’Arvor aurait abusé d’elle à cause «d’un contexte d’emprise psychologique et d’abus de pouvoir». Traduction : «j’ai été attirée par cet homme qui était dans une position dominante de star de la TV et nous avons passé 5 années ensemble, mais aujourd’hui, avec 12 ans de recul et un livre à vendre (Pandorini), je réalise que tout cela constitue une parfaite histoire d’abus de pouvoir à dénoncer». Une histoire d’autant moins crédible que Florence Porcel n’a pas exactement le physique d’Agathe Borne (sa compagne “officielle” de l’époque)…

La défense de PPDA d’ailleurs démontre qu’il n’a rien compris à la problématique du temps. Il affirme avoir toujours défendu la cause des femmes, espérant ainsi calmer les Erinyes féministes. Or, précisément, il a contribué à donner de la visibilité et de l’audience à des féministes en roue libre. Il a participé à la création du monstre qui se retourne aujourd’hui contre lui.

Conclusion

Au bout du compte, MeToo n’est qu’un outil d’influence. Les gynolâtres ont longtemps cru que la nature «pure» des femmes signifiait que tout pouvoir qu’on leurs donnerait serait bien utilisé. Or, force est de constater qu’ils ont tort. Le procédé de scandale promotionnel en témoigne. L’arrivisme triomphe des nobles causes, et la laideur des cœurs de la beauté des sentiments…

2 Replies to “Affaire PPDA : habituez-vous aux scandales promotionnels…”

  1. C’est de toute manière là qu’on en est. A l’heure actuelle dès qu’une femme ,”auteure”, actrice, people ou autre, dénonce le comportement “inadmissible” d’un homme, si possible célèbre ou reconnu, la première question qui vient à l’esprit est “tiens, qu’est-ce qu’elle a à vendre?”
    Je ne pense pas que la majorité des gens soit encore dupe!

    PDO

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