Renoncer à la parentalité, un choix difficile qui n’est en réalité pas un choix.

Dans un précédent article, je vous disais ce que n’était pas MGTOW en adressant des incompréhensions assez communes. Je vous y encourageais aussi à ne pas hésiter à vous distancier de MGTOW si telle était la solution qui vous convenait le mieux. Néanmoins, j’insistais sur le fait que cette distanciation devait s’opérer pour de bonnes raisons. Dans cet article, nous allons étudier une de ces raisons. Elle me concerne grandement et constitue encore aujourd’hui mon plus gros risque de retour à la plantation : devenir père.

Pourquoi devenir père ?

La parentalité, c’est la transmission par essence. Vous transmettez vos gènes. Vous inculquez vos valeurs et une partie d’entre elles seront portées par votre enfant. Donner la vie et élever un petit être est ce qu’il y a de plus satisfaisant pour la majorité des êtres humains. Donner la vie, c’est donner du sens à la nôtre. C’est faire preuve d’altruisme, de travail d’équipe, c’est fatigant, enrichissant, frustrant. Ces hauts et ces bas nous donnent un contraste nous permettant d’apprécier réellement la chance que nous avons une fois l’enfant devenu adulte, ou mieux encore, quand cet adulte devient parent à son tour.

Pourquoi y renoncer ?

Sur le plan biologique

Vous ne transmettez pas vos gènes, mais la moitié d’entre eux, bons comme mauvais. Certains de ces gènes ne vous définissent pas réellement, la plupart du temps, c’est même très superficiel : on espère qu’il aura nos yeux, nos cheveux, etc. Mais cette transmission disparaitra. Au bout de cinq générations, vos gènes ne représentent plus que 3% de votre descendance. En réalité, la transmission des gènes est une question collective, pas individuelle. Si les gens qui vous ressemblent ne se reproduisent pas, alors votre transmission n’a aucun avenir à moyen terme. Sachant que la femme française ne se reproduit plus…

Sur le plan humain

Vous connaissez déjà les risques de divorce, environ la moitié des mariages ne dure pas. Généralement le divorce est prononcé après cinq années d’union ou plus. Vous avez tout juste le temps de faire un enfant, de le voir grandir jusqu’à ce qu’il aille en primaire, et c’en est fini. Voulez-vous que votre enfant vive dans un foyer brisé dès cet âge ? Cela revient à jouer à la roulette russe, mais avec 3 balles dans le barillet au lieu d’une seule. Pire encore, les choses ne vont pas en s’améliorant. Selon l’INSEE, le nombre de mariage finissant prématurément en divorce au bout de 10 ans a doublé entre 1970 et 2000 (respectivement 9,7% et 20,8%), pour les mariages de moins de 5 ans, il a triplé (environ 3,6% et 10%). Seul aspect pour relativiser toute cette situation : les couples avec enfants sont plus stables. Malheureusement, ceci n’est que peu pertinent car il concerne uniquement les couples mariés. Les couples non mariés sont encore moins stables, même avec des enfants. Or, la cohabitation est (avec ou sans enfant) le mode de vie de couple le plus commun aujourd’hui. À titre d’illustration, environ 3/4 des femmes nées dans la fin des années 1950 étaient mariées dès leur 30 ans, contre à peine plus d’1/4 pour celles nées dans la fin des années 1980. Si vous êtes un jeune homme entrant dans sa vingtaine, je vous laisse estimer les chances que vous trouviez une femme qui veuille se marier.

Les résultats confirment que les cohabitations sont moins stables que les mariages, et que les parents forment des unions plus stables que les couples sans enfant. La comparaison entre les différents types d’union, avec ou sans enfant, confirme les résultats d’études précédentes, à savoir que dans tous les pays les unions cohabitantes avec un enfant sont moins stables que les mariages avec un enfant (Andersson, 2004 ; Andersson et Philipov, 2002 ; Clarke et Jensen, 2004 ; Heuveline et al., 2003 ; Jensen et Clausen, 2003 ; Wu et Musick, 2008), mais aussi moins stables que les mariages sans enfant. Cela s’est révélé exact pour la majorité des pays européens étudiés.

Quel est l’effet des enfants sur la stabilité des mariages et des cohabitations ? Comparaison européenne, Zuzana Žilinčíková (traduit par Camille Richou), Population 72(4) 2017

Quand bien même vous trouveriez une femme qui vous plaise, à qui vous plaisez, qui veuille se marier et avoir des enfants avec vous et que vous ne divorceriez pas après quelques années, les chances que la mère de votre enfant vous supporte sont faibles. La femme tradi est un leurre. Vos chances de divorces augmentent d’un tiers si vous tombez dans le chômage. Et ce serait sans parler de l’infidélité : 20% des femmes catholiques déclarent être infidèles, on augmente jusqu’à 40% pour les protestantes. Gardez en tête que ce n’est que du déclaratif sur des sujets honteux, donc ce sont des estimations basses. À titre de comparaison, les femmes déclaraient être infidèles à hauteur de 10% dans les années 1970. On doit en réalité dépasser la moitié des femmes protestantes et pour les femmes catholiques, on doit s’en rapprocher. Si vous n’avez pas déjà perdu à la première partie de roulette russe, je vous laisse recharger le barillet pour démarrer la deuxième partie.

Sur le plan social et sociétal

Dans ce contexte (mentalité actuelle des femmes occidentales, féminisme, divorce désavantageux pour le père et divorce sans faute légal même quand le-dit mariage a engendré des enfants), c’est un pari risqué que de vouloir devenir père. Sans même parler des divorces conflictuels dont vous connaissez l’issue (à moins de pouvoir prouver que votre future ex-femme est un danger évident pour vos enfants, vos chances sont faibles) et vous savez très bien ce que cachent les divorces “à l’amiable”. L’homme divorcé finit souvent par accepter de se laisser marcher dessus par son ex-femme dans l’espoir de maintenir un droit de visite. Les hommes savent très bien qu’ils ne sont qu’un parent secondaire. Les épouses le savent, la justice aussi et ces derniers n’hésiteront pas à vous le rappeler en vous condamnant à payer pour “rendre visite” à vos enfants.

On vous condamne, au sens littéral, à payer une pension alimentaire. On vous accorde un droit de visite. Ceci correspond au champ lexical du milieu carcéral et ce n’est pas un hasard. C’est un peu comme une peine de prison à laquelle on vous condamne 24 jours par mois (droit de visite classique de deux week-end et deux mercredi par mois) sans que vous n’ayez commis de faute. Et comme si ce n’était pas suffisant, vous devez en plus de cela payer pour les jours où on vous refuse vos enfants. Ça vous fait toujours envie ?

Conclusion

Certains diront que les hommes ne sont pas parfaits, qu’ils trompent leur femme, etc. Oui, nous le savons, mais nous ne sommes pas ces hommes. Nous savons que ce n’est pas ainsi que nous agissons et que nombre d’hommes sont fidèles, attentionnés, dévoués et aimants. Quand bien même il existerait encore des femmes qui soient tout aussi dévouées, aimantes et fidèles, il nous est impossible de prendre ce risque vu le déséquilibre du mariage. Le mariage était une sécurité pour l’homme et la femme, il ne l’est plus pour les hommes depuis le mariage sans faute et depuis qu’il est de toute façon délaissé au profit des unions libres et des PACS.

Et le pire, c’est que cet article est loin d’être exhaustif… Remarquez que nous n’avons même pas parlé de fraude à la paternité par exemple, ou encore des violences conjugales face auxquelles vous n’aurez pas le droit de vous défendre ou même de vous plaindre, ni même du syndrome d’aliénation parentale.


Cet article ne vous incite pas à renoncer à l’idée d’être père. Si c’est vraiment ce que vous souhaitez, en dépit des risques, alors faites-le. Et c’est d’autant plus difficile de résister quand on vous dit ou fait comprendre que l’on veut un enfant de vous… Je rappelle le but de cet article : expliquer en quoi le besoin de transmettre ses gènes et ses valeurs n’est pas forcément une bonne raison de renoncer à MGTOW. La parentalité n’est pas un droit accordé aux pères, mais aux femmes. La paternité est un devoir, la maternité est avant tout un droit. Tout au plus, la paternité est une possibilité avec une date de péremption sur laquelle vous n’avez aucune emprise. Néanmoins, quand bien même on vous volerait vos enfants, qu’on les éduquerait à vous détester, vous conserverez la fierté de les avoir engendrés et ils resteront vos enfants. À vous de voir…

Certains, face à se constat tiraillant, se tournent vers l’étranger, un peu comme ces parangons du patriotisme qui vantent l’expatriation. Les femmes asiatiques ou d’Europe de l’Est seraient, apparemment, plus aimantes et les lois locales plus respectueuses de la paternité. Je pense qu’il s’agit d’une erreur si elle est basée sur une vision angélique des femmes. Si c’est vraiment par besoin d’être père, alors je ne peux compatir et vous souhaiter bonne chance dans votre entreprise.

6 Replies to “Renoncer à la parentalité, un choix difficile qui n’est en réalité pas un choix.”

  1. Bonjour,
    Je trouve bien dommage la direction que prend cet article. Parce qu’il y a certaines probabilités que les choses se passent mal, il vaudrait mieux ne même pas essayer.
    Une telle aversion au risque est un frein important à l’accomplissement de soi.
    Qui plus est, bien que je ne possède pas de chiffres pour l’affirmer, je suis profondément convaincu qu’une bonne communication au long de chaque stade de relation, une grande honnêteté et le courage de faire profondément confiance à sa moitié diminuent considérablement les risques énoncés.
    Avec le faible recul de mes jeunes années, je peux absolument être dans l’erreur quand à la situation présente, mais ayant pour souhait le plus cher de fonder une famille et la porter à son épanouissement, je ferai face aux risques sue vous énoncez.
    Bonne continuation, et puissiez-vous trouver une direction riche de sens pour votre vie.

  2. Salut Osalnef, et merci pour cette réponse attendue depuis ton article précédent.
    Cependant j’aimerais être sûr de bien comprendre ton intention. Essayes-tu juste de te convaincre toi-même de renoncer à la paternité ? Ou bien c’est pour toi une règle prescriptive : quelqu’un qui aspire à être père est un mouton comme les autres ?

    J’irai plus loin avec cette question : Est-t-on MGTOW si on assume d’être père puis qu’on retrouve volontairement son autonomie après divorce ?

    1. Ma position n’est pas prescriptive, j’essaie juste de clarifier la situation, de prendre du recul et de donner les outils pour que les autres y parviennent aussi, et puissent ainsi prendre leur décision en connaissance de cause (quelle que soit cette décision).
      En fait, quand bien-même je considérais que quelqu’un qui aspire à être père serait un mouton comme les autres, ma position fondamentale reste qu’il ne faut pas être sensible aux shaming tactics. C’est aussi ça MGTOW : accepter que les autres hommes (mgtow ou non) puissent avoir une autre vision, d’autres aspirations ; mais aussi accepter qu’on n’a pas notre mot à dire sur la décision qu’un homme prend pour lui-même. J’aurais tendance à mépriser certaines décisions matrimoniales qu’un homme pourrait prendre (pas celle d’être père ceci-dit), mais dans la finalité, peu importe, ça reste mon avis et je sais très bien ou je peux me le foutre x) MGTOW reste avant tout un phénomène de groupe désordonné avec certains principes communs, pas une secte envers laquelle on doit rendre des comptes ou envers laquelle on doit développer une certaine dépendance. Ce serait absolument vain de troquer une dépendance à la validation féminine pour une dépendance à la validation masculine/mgtow.

      Je vois mal comment retrouver son autonomie après un divorce actuellement quand un enfant est né du mariage…

  3. Bonjour,
    J’ai regardé THE RED PILL ensuite j’ai lu votre courrier. Je suis heureux, je me sens moins seul.
    Apres avoir douter pendant 3 ans pour ne plus avoir une femme dans ma vie, et sans connaitre mgtow je pense q’il est temps de passer a l’acte. Les gens sont faché si le sujet “feminisme” est sur la table des conversations. Les femmes ne ce rend meme plus compte que la propagande feministe est une mind setting qui est generaliser et ils ont aucune scrupule pour fair du mal a l’homme surtout si il y a des enfants. il va valoir encore plusieurs generations avant qu ca va changer. Regarder les chretiens qui ont essayer de mettre les meme pouvoirs au femmes et hommes….. Ca n’a pas tenu. WHY?

  4. Bonjour Osalnef,
    Merci pour ton travail.
    Je suis à la recherche d’une source que tu as présenté dans une de tes vidéo et qui concerne le temps de travail/domestique des hommes/femmes célibataires, sans et avec (1, 2 ou 3) enfants. Il me semble que c’était un rapport assez complet en France et malheureusement je n’arrive plus à remettre la main dessus. J’ai regarder les sources de toutes tes vidéos et n’ai pas réussi à la retrouver.

    Merci par avance si tu retrouve ce dossier.
    Bonne continuation

    Bien cordialement

  5. J’ajouterai mon point de vue aux différentes réactions plus haut car ce dilemme est tout aussi le mien.
    Le point de vue de Thomas est intéressant car il met en lumière une façon de vivre optimiste qui est tout à fait respectable. Là où le débat se crée, c’est lorsque ce point de vue se confronte à celui de protection individuelle car c’est de cela dont il s’agit dans l’article d’Osalnef.

    Il y a 2 grandes façons d’aborder les aléas de la vie selon que l’on raisonne “insouciance/décontraction” ou que l’on raisonne “préjudice”.
    Ainsi, dans le 1er cas, on peut se permettre de prendre le métro désert seul en pleine nuit, ne pas protéger son habitation et tant pis pour le cambriolage etc et cette méthode est parfaitement valable car la statistique joue souvent en cette faveur (par ex, 90% des gens qui prennent le métro seul la nuit ou ne protègent pas leur domicile n’ont pas de soucis).

    Raisonner préjudice c’est, par exemple, partir du principe que 90% des agressions ont lieu dans le métro désert de nuit / que les cambriolages se produisent sur des habitations non protégées. Et prendre surtout en compte l’état physique/psychologique/financier dans lequel on se retrouve si cela arrive.

    Personnellement je raisonne “préjudice”. Pour autant, j’ai bien noté que mes connaissances qui raisonnent insouciance/optimisme ne sont toujours pas ruinées ou au cimetière.

    Pour en revenir au sujet de l’article, je suis parti sur une démarche empirique, ayant la chance (ou pas) de travailler dans une grande boite et d’y côtoyer beaucoup de monde (clients comme collègues). J’ai observé dans quelles situations se retrouvaient les hommes des différentes classes d’âge, ce qui est à la portée de tout le monde d’ailleurs.

    A mon grand effroi, j’y ai globalement observé des situations de stress, d’anxiété, de désespoir liés à la paternité, au mariage etc Avec des aggravations notoires à mesure que l’on avance en âge. A qui l’enfant handicapé, ingérable, délinquant, hyperactif, troubles dis, pathologies médicales diverses et variées, couts exorbitants, endettement, échec scolaire, futur incertain… je ne parle même pas des mariages ou relations entre des hommes et des femmes qui ne peuvent plus s’encadrer et restent tard au boulot pour ne pas retrouver leur enfer à domicile (pour lequel ils ne sont même pas payés, contrairement au boulot, et qui pompe le peu d’argent gagné dans ce dernier).

    Quand je dis “à mon grand effroi”, c’est que j’ai proprement halluciné devant la part énorme et clairement majoritaire de ces situations sur celles qualifiées de “normales”. Et cette constatation date de bien avant ma découverte de mgtow. La statistique ne joue plus du tout en faveur d’une vision optimiste de la paternité/du mariage, que je peine à trouver d’ailleurs chez les quadras que je côtoie.

    Aussi, en terme de protection individuelle, je rejoins pleinement les mises en garde de cet article et je n’ai, à ce jour, qu’un seul contre exemple de vie de famille véritablement sereine (pour l’instant), ce qui est très insuffisant pour m’engager dans la voie de la paternité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *