La misogynie est désormais un crime

Le glissement de définition de la misogynie est un feuilleton passionnant, qui vient de connaître un nouvel épisode. En effet, le Royaume-Uni vient de rajouter la misogynie à sa liste des “crimes de haine”…

Qu’est-ce que la misogynie ?

Définir la misogynie pourrait nous prendre plusieurs articles, tant le sujet est complexe. Comme l’a relevé le blog des Trois Etendards dans son article sur le sujet, la caractéristique principale de la misogynie en tant que définition, c’est qu’elle relève du subjectif. Un même acte pourra passer pour misogyne auprès d’une femme et pour normal auprès d’une autre.

Le philosophe Marcus a proposé que traiter les femmes comme des femmes et en s’appuyant sur les spécificités féminines ne pouvait pas être misogyne. C’est selon lui, au contraire, une marque de considération et de bonnes intentions. Il en conclut que la misogynie aujourd’hui est du côté des féministes qui conçoivent la femme comme un homme inachevé.

Quoi qu’il en soit, il s’épuiserait en vain celui qui chercherait à consigner une liste de métriques pour caractériser la misogynie. Parce que le seul point commun à toutes les accusations de misogynie, c’est qu’une assertion est perçue comme critique du genre féminin.

Que des femmes critiquent les hommes, voilà qui ne pose aucun problème. C’est là un droit bien naturel, voire même une audace de femme courageuse ! En revanche, l’inverse est impossible. C’est de la haine… Dire qu’Onlyfans rassemble des dépravées ? Haine. Dire que la présentation d’un clitoris géant en place publique est déplacée ? Haine. Dire qu’il est gênant qu’une comédienne décatie s’exhibe à une heure où des enfants peuvent se trouver devant la télévision ? Haine, compte triple…

L’usage du terme misogynie témoigne d’une volonté de contrôle sur la parole masculine. Les femmes, et elles-seules, définissent ce qui est acceptable dans le discours. D’où les boys’ clubs : dans un monde où tout ce qui se dit publiquement doit dégouliner de bons sentiments, il ne faut pas se choquer que certains préfèrent s’isoler pour parler vrai.

Des exemples de misogynie

Récemment, le patron des JO de Tokyo a été remercié. Il avait déclaré que “les conseils d’administration avec beaucoup de femmes prennent beaucoup de temps” car elles ont “du mal à finir” leurs interventions. La remarque relevait, nous a-t-on dit alors, de la misogynie. On est en droit de se demander en quoi. Admettons qu’il y ait effectivement un sous-entendu pour expliquer que les femmes parlent plus, ou ne savent pas bien gérer leur temps. En quoi cela est-il problématique ? Surtout si c’est vrai ? En quoi doit-on y voir la marque d’une «haine» des femmes ?

Des exemples comme celui-ci, on pourrait en citer un certain nombre. En voici un autre. Le prix Nobel Tim Hunt a été contraint de quitter son poste après une polémique. Son crime misogyne ? Avoir dit que «le problème avec les filles dans les labos de recherche, c’est qu’elles pleurent quand on les critique». Les femmes pleurent plus que les hommes, c’est un fait scientifiquement établi. Le genre prédit bien la fréquence des pleurs. D’autant plus dans les pays “égalitaires”, d’ailleurs. Et la chose n’est pas surprenante puisque les glandes lacrimales sont différentes chez les hommes et chez les femmes, ce qui s’observe d’ailleurs chez plusieurs mammifères. L’affirmation de Tim Hunt est parfaitement légitime puisque les femmes pleurent plus souvent que les hommes, surtout en condition de stress.

En définitive, le terme de misogynie, supposé définir une catégorie ultra-minoritaire d’hommes qui détestent violemment les femmes, s’applique aujourd’hui à tout propos qui déplait aux femmes. La sensibilité (pour ne pas dire la sensiblerie) féminine étant ainsi la seule mesure de la misogynie.

Photo de Andrea Piacquadio provenant de Pexels

De la criminalisation de la misogynie

Qu’on puisse perdre son emploi pour des propos aussi anodins que l’abondance verbale ou lacrymale féminine paraît déjà bien assez risible. Mais c’était sans compter sur le candaulisme politique et l’extension du domaine de la chouine.

Les crimes et délits commis par misogynie seront désormais enregistrés comme crimes de haine au Royaume-Uni. Une démarche qui doit permettre de tenir un registre et une comptabilité des crimes de haine en général. Officieusement, il s’agit surtout de donner des gages aux féministes sur l’implication de l’Etat pour lutter contre les violences contre les femmes (le nom «inclusif» des violences conjugales). Les féministes, par gratitude, ont d’ailleurs déjà expliqué qu’il fallait aller plus loin

Autre pays, même constat : on découvre que la police belge se donne pour mission d’utiliser des policières en civil pour verbaliser les rares dragueurs de rue. Et accessoirement les ignobles personnages qui oseraient objectifier les femmes en complimentant leur physique derrière leur dos… Tout cela, nous explique-t-on doctement, pour faire reculer les comportements sexistes (comprendre, misogynes) et favoriser la sécurité des femmes.

Censure et récupération politique…

La tendance, mondiale, est à la criminalisation du discours. Tout ce qui ne fait pas plaisir à une minorité relève désormais de la haine. Selon la formule consacrée, ce n’est pas qu’une opinion, c’est un délit.

Cette haine doit être criminalisée pour réprimer des pensées qui pourraient se traduire en actes malheureux. Telle est la belle histoire des censeurs qui voudraient criminaliser la misogynie. Effacer la misogynie, c’est protéger les femmes de crimes réels, nous dit-on. La liberté d’expression est un marchepied vers le crime.

On aimerait croire qu’il y a là un fondement de vérité et qu’un discours bisounours nous sauvera de l’augmentation de la criminalité, de la petite délinquance et des viols ou violences conjugales. On aimerait croire surtout, qu’il ne s’agit pas que d’une récupération politique d’un sujet qui émeut.

Hélas, il se trouve qu’un récent rapport du gouvernement américain sur ce sujet démontre qu’il s’agit d’un fantasme. Traduisons, page 11 : «Il n’y a aucun doute sur le fait que les criminels utilisent des réseaux sociaux. (…) Mais cette recherche, et les autres du domaine, ne parvient pas à trouver de corrélation entre l’augmentation de la haine en ligne et la criminalité».

Le discours de haine sur internet, et sa déclinaison “misogyne” n’a donc pas d’incidence sur la criminalité. Derrière la cause noble de protéger les femmes, ne se cache qu’un égo fragile…

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