John Stuart Mill vs Alfred Belfort Bax

Pour la rédaction de mon bouquin, j’ai dû vérifier à la source certaines informations et m’atteler à une démarche avec laquelle j’ai toujours eu de la difficulté : lire des livres. Il s’est avéré que la démarche est grandement fructueuse et enrichissante, contrairement à ce que j’aurais pensé. Je ne peux malheureusement pas aborder tout ce que j’aurais aimé au sein du livre, d’où cet article. Je ne savais pas exactement quel sujet “bonus” choisir pour cet article qui sert de supplément à l’introduction à mon antiféminisme. J’ai choisi l’opposition entre le féministe du XIXème siècle John Stuart Mill et l’anti-féministe du début du XXème siècle Alfred Belfort Bax.

A) John Stuart Mill

The principle that regulates the existing social relations between the two sexes—the legal subordination of one sex to the other—is wrong itself, and is now one of the chief obstacles to human improvement; and it ought to be replaced by a principle of perfect equality that doesn’t allow any power or privilege on one side or disability on the other.

« The Subjection of Women » par J. S. Mill (1869)

Pourquoi cet auteur ?

Mill n’est pas à proprement parler un féministe et ne se décrivait pas comme tel étant donné que l’auteur était précurseur du mouvement. Le livre sur lequel je base cet article, The Subjection of Women[pdf gratuit ici], date de 1869, soit plusieurs décennies avant les débuts du féminisme formel, qui date plutôt de la fin du siècle. Cependant, Mill représente parfaitement le mouvement, que ce soit dans l’opinion générale, ou dans la définition que j’ai développée du féminisme dans Introduction à l’anti-féminisme (Partie I) : La définition du féminisme. Il est donc plutôt un proto-féministe, mais on le désignera comme féministe par abus de langage.

Mill n’est peut-être pas le plus connu du grand public et n’est pas uniquement connu pour son féminisme, néanmoins, ses travaux et son influence sont largement reconnus encore aujourd’hui. Son féminisme reste très actuel en plusieurs aspects et je pense que beaucoup de féministes (modérés comme extrémistes d’ailleurs) pourront se reconnaitre dans son propos. Le critère final m’ayant encouragé à opter pour cet auteur plutôt qu’un autre (Susan B. Anthony ou Mary Wollstonecraft notamment) est le fait que Bax parle précisément de lui et lui répond par endroit, me permettant une opposition pertinente.

Le féminisme de Mill

Mill s’inscrit dans un féminisme aujourd’hui grand public, le féminisme libéral qu’on peut désigner par féminisme égalitariste, par opposition au féminisme marxiste ou au féminisme radical. Il défendait l’indépendance des femmes, le suffrage féminin, l’égalité intellectuelle des femmes, etc. Bien que ne comprenant pas vraiment de féminisme marxiste, on peut voir dans ses propos les prémisses du féminisme radical (comme très souvent chez les proto-féministes et les féministes première vague). Le mariage asservi la femme, tout comme la société et la politique. On a donc une critique – informelle, certes – de l’asservissement des femmes par le patriarcat. Il coupe donc l’herbe sous le pied de certaines critiques classiques qu’on adresse régulièrement au féminisme libéral (ne pas aller assez loin, être trop naïf et limité dans la théorisation de l’oppression des femmes mais aussi dans les solutions à envisager, etc.). Son propos intéressera donc féministes de tout bord, si ce n’est l’aspect libéral qui déplaira aux révolutionnaires et autres marxistes.

I’m not claiming that wives are in general no better treated than slaves; but no slave is a slave to the same extent and in a full a sense of the word as a wife is. Hardly any slave is a slave at all hours and all minutes

« The Subjection of Women » par J. S. Mill (1869)

Mill insiste énormément sur la condition féminine qu’il compare régulièrement à celle d’un esclave. C’est une position qu’on retrouve très fréquemment chez les féministes dès cette époque et même auparavant. La femme serait l’esclave de l’homme, à la fois dans le mariage, mais aussi dans sa fonction reproductrice.

[Women] have always been kept in such an unnatural state […] that their nature must have been greatly distorted and disguised; and no one can safely assert that any significant difference would show up between men’s and women’s characters and capacities if women’s nature were left to choose its direction as freely as men’s… I’ll show later on that even the most undeniable differences that now exist between the sexes may have been produced merely by circumstances, without any difference of natural capacity.

« The Subjection of Women » par J. S. Mill (1869)

Outre l’asservissement des femmes, Mill développe les prémices du féminisme moderne. L’éducation des garçons y est critiquée, celle des filles doit être améliorée et l’un de ses principaux arguments est que l’origine des différences entre les hommes et les femmes est inconnue puisqu’ils ne subissent pas la même socialisation. Leur inculquer une socialisation similaire aboutirait à une réduction, voire une élimination des différences, ce qui rejoint le féminisme socio-constructiviste bien actuel.

B) Alfred Belfort Bax

« Tie the man and let the woman free, is the prevalent judicial theory of today »

The Legal Subjection of Men, A. B. Bax (1908)

Pourquoi cet auteur ?

Bax n’est pas un contemporain de Mill. Il a principalement publié deux livres sur le sujet : The Legal Subjection of Men (1908) et The Fraud of Feminism (1912) ; et un article : A Creature of Privilege (1911). J’ai choisi cet auteur parce qu’il me permettait une opposition pertinente entre deux idéologues. Marthe Borély était en haut de la liste, mais premièrement je ne l’ai pas encore lue et deuxièmement elle était plutôt d’extrême droite. Or, je préfère qu’on ne s’attarde pas sur d’autres opinions que celles liées au féminisme. Bax est clairement de gauche, voire même d’extrême gauche. J’aurais pu prendre l’opposition entre Jenny d’Héricourt et disons… Proudhon, mais je ne suis pas encore parvenu à déceler une quelconque pertinence dans le propos de d’Héricourt et sa misandrie y est trop assumée, risquant des accusations d’hommes de paille. Je n’ai pas non plus lu Proudhon, qui semble-t-il n’avait pas non plus jugé nécessaire de formuler un avis pertinent au sujet du suffrage féminin.

Son anti-féminisme

Il nous donne un aperçu très intéressant de la situation de l’époque. L’oppression au sein du mariage concernerait aussi les hommes et pourrait être perpétrée par l’épouse. Selon Bax, du devoir d’entretien – même après que les femmes ont obtenu le droit de propriété – au droit de divorcer en passant par l’adultère et les violences maritales, les femmes n’étaient pas des esclaves sans défense ni ressort oppressif à l’attention de leur mari. À l’inverse, les hommes pouvaient être dans cette situation d’asservissement.

Mill reconnaissait déjà partiellement cela mais sans réellement le prendre en compte. Bax en montre l’étendue réelle. Il permet aussi de témoigner de l’impact du féminisme dans l’évolution du Droit, de la Justice et des mœurs, chose que Mill ne pouvait pas encore faire à son époque. Il montre – entre autres – que les louables intentions de Mill et autres féministes ne sont en fait pas respectées.

« The Act of 1884 forbids the Court to order imprisonment for refusal to obey an order of restitution of conjugal rights, but enables such a refusal to be made a ground for confiscation of the husband’s property in favour of the wife. No reciprocity here. Imprisonment before 1884 affected both husband and wife. Sequestration of property, the husband alone. Now imprisonment is abolished for the wife, and so the wife goes scot free, while the husband is as much bound as ever in person and in property. »

The Legal Subjection of Men, A. B. Bax (1908)

Finalement, son propos est extrêmement proche de celui des féministes, l’identité des victimes est simplement différente. Il en appel à la moral, à la nature, au bien commun et développe aussi un discours victimaire, ce qui rejoint entièrement les réflexions féministes. Une différence notable toutefois, il n’incrimine pas exclusivement – ou même principalement – l’autre sexe et défend plutôt l’idée selon laquelle hommes et femmes sont responsables de cette situation. Il présente aussi une interprétation des jeux d’oppressions bien plus subtile que Mill en montrant déjà l’importance de la lutte des classes et de l’impact qu’elle a au sujet du sexisme.

« Rich women are enormously better off in the matter of legal privilege than are rich men, and poor women are similarly privileged by law as against men of their own class. »

The Legal Subjection of Men, A. B. Bax (1908)

Il va en outre diviser le féminisme en deux aspects : le féminisme politique et le féminisme sentimental (The Fraud of Feminism, 1913). Ce dernier est très naïf, voire niais, et permet de valider le féminisme politique qui est immoral et dangereux. On retombe sur le discours que j’ai tenté de diffuser dans l’introduction à mon anti-féminisme et même auparavant sur youtube.

Ce que j’exclus de son discours

Certains passages ont très mal vieilli (e.g. deuxième chapitre du second ouvrage), et sont clairement misogynes. Néanmoins, ils ne sont pas motivés par la misogynie, c’est uniquement la conclusion qui l’est. Cette conclusion se base très superficiellement sur les divagations d’Otto Weninger, et repose en très grande majorité sur des données scientifiques de l’époque de Bax. Ce n’est pas Bax qu’il faut alors condamner, à moins d’être de mauvaise foi, mais l’état de la recherche de l’époque. À l’inverse, Borély défendait l’intelligence des femmes et même leur implication politique, dans une certaine mesure.

C) L’oppression sexiste

Inutile de faire l’inventaire de l’oppression touchant les femmes, vous la connaissez déjà. À l’inverse, il est fort probable que bon nombres des exemples abordés par Bax vous soient totalement inconnus. Il insiste sur le déséquilibre des droits accordés d’un côté et des devoirs imposés de l’autre. L’acquisition en droits des femmes ne s’accompagnerait pas de devoirs. Fort heureusement, bon nombre des exemples que prend Bax ont été corrigés par la suite.

Oppression légale au sein du mariage

« As a successful lady litigant (May, 1896) remarked to her husband, “There is no law which compels me to obey or honour you, but there is a law that you must keep me.” »

The Legal Subjection of Men, A. B. Bax (1908)

Bax insiste sur le devoir d’entretien, qui n’est pas réciproque. Tout au plus, la femme, ayant acquis rémunération et droit de propriété, se verra imposer quelques devoirs à l’égard de ses enfants, mais rien concernant son mari. Même quand la femme est riche, plus riche que son mari, elle ne lui doit rien sur le plan financier. Il en va de même lors d’un divorce, divorce qui sera à la charge du mari, y compris quand il sera entrepris à la demande de l’épouse et y compris quand elle sera fautive. Une femme peut par ailleurs arnaquer un homme, lui soutirer de l’argent via du chantgae, etc., sans risquer de conséquences de ses actes. Elle ne sera même pas condamnée à rembourser l’argent volé, quand bien même cette femme se noie dans sa richesse.

A woman may assault, stab, set fire to her husband, and he has no remedy, except to summon her to the police court, where, if she be fined, he is compelled to pay the fine, and as likely as not is laughed at. If her crime be revoltingly atrocious, she is perhaps sent to prison […]. On her being released, her husband, unless he be a rich man, is bound to take her back, and, rich or poor, support her. […] A humane police magistrate actually had to stoop to make terms with a cruel and murderous criminal. A wife strikes a felon blow at her husband, renders him insensible, and he has to be removed to the hospital. His face is badly scarred, six stitches having to be put into the wounds. The magistrate, wishing to prevent murder, binds her over to come up for judgment, if called upon, on condition that she kindly consents to sign a separation deed, permitting her unfortunate husband slave to live apart from her. The slave of course has to support her all the same. (Morning Advertiser, 2nd June, 1896. Thames Police Court.)

The Legal Subjection of Men, A. B. Bax (1908)

Les procédures de divorce étaient déjà bien favorables aux femmes. Le coup est très élevé. Même si l’homme peut divorcer, en théorie, la pratique l’en empêche pour peu qu’il ne soit pas un riche bourgeois. L’alternative de séparation (possible sous certaines conditions comme l’absence d’enfant né du mariage) n’est ouvert qu’à la femme. Il est bien moins couteux, mais à charge du mari malgré cela.

Bien que mal appliquées, des lois protègent les femmes des violences maritales (physiques et psychologiques) quand aucune ne protège l’époux, voire même les justifie. Encore aujourd’hui, quand on lit l’histoire de cette femme qui violente son mari tellement fortement qu’il faut l’emmener à l’hôpital et contraindre sa femme à l’éloignement de peur d’un meurtre, notre première réaction (et principalement du côté des féministes) est de se demander : ” il a très certainement mérité ça et maltraitait son épouse “. L’un de ses chapitres en est intitulé « Always the “injured innocent” ».

Oppression légale en général

« This privilege conferred on women arises in an extraordinary number of cases, […] in the matter of legal right and duty, of civil law advantage and criminal law exemption. But the letter of the law is supplemented by the bias of tribunals and by the bias of the press, and of public opinion »

The Legal Subjection of Men, A. B. Bax (1908)

On sait aujourd’hui que les décisions de Justice sont clairement favorables aux femmes (chiffres de la justice, étude de Lelièvre et léonard et la double-étude américaine concernant les hommes et les afro-américains). Or, si notre culture est plus égalitariste aujourd’hui, alors les tribunaux de l’époque étaient certainement bien plus lénifiants concernant les femmes. Globalement, la femme est perçue comme innocente, pure, sincère (chose que Mill admettait déjà, les femmes sont jugées comme moralement supérieures aux hommes). On peut aussi trouver chez Bax une critique de ce que les féministes appelleront plus tard la masculinité toxique :

« All injuries to a woman are chronicled with flaring headlines. Injuries by women to men are laughed at, or worse still, passed over in silence. »

The Legal Subjection of Men, A. B. Bax (1908)

L’oppression dans la pratique

Bax insiste énormément sur la différence entre le Droit et l’application du Droit. Nier cela reviendrait à nier l’oppression des femmes au sein du mariage en raison de la prononciation rituelle des vœux. Une égalité formelle ne présuppose pas une égalité réelle.

« It is unnecessary in this place to go over once more the mass of evidence comprised in previous writings of my own—e.g. in the pamphlet, “The Legal Subjection of Man” (Twentieth Century Press), in the article, “A Creature of Privilege” (Fortnightly Review, November 1911), and elsewhere in the present volume, illustrating the unquestionable fact that though in theory women may have to obey the law as men have, yet in practice they are absolved from all the more serious consequences men have to suffer when they disobey it. The treatment recently accorded to the suffragettes for crimes such as wilful damage and arson, not to speak of their previous prison treatment when convicted for obstruction, disturbance and minor police misdemeanours, is a proof, writ large, of the mendacity of the statement that women no less than men have to obey the laws of the country, so far, that is, as any real meaning is attached to this phrase. »

The Fraud of Feminism, A. B. Bax (1913)

Si on sait qu’une égalité de Droit ne signifie pas une égalité de traitement, alors se demander si une ingalité de Droit implique forcément une inégalité de traitement (ou que l’inégalité de Droit peut être contre-balancée par une égalité complémentaire dans la pratique) est tout à fait légitime.

La notion de réciprocité

« These privileges arise indirectly from the action of the legislature, but mainly from that of the Courts, and consist of: first, the deliberate introduction of new rules of law and procedure, and, secondly, the retention of some old-world privileges of women, logical enough when women were dependent, but under modern con- ditions engines of tyranny against men. »

The Legal Subjection of Men, A. B. Bax (1908)

Selon Bax, bien qu’imparfait, le système pré-féministe avait le mérite d’imposer une réciprocité entre les sexes, notion qui disparaît avec le féminisme. Il s’agit d’un aspect auquel nous aspirons encore aujourd’hui et pas uniquement au sujet des hommes et des femmes. Les femmes n’avaient certes pas le droit de propriété, mais en parallèle elles n’avaient aucun devoir relatif à ce droit. Mill ignore ce point, ou plutôt, le rejette avec peu d’éloquence. Rejeter l’équilibre d’antan est tout à fait légitime, et je le fais à titre personnel, cependant, la moindre des choses est de le remplacer par un système moins injuste.

« The Act of 1884 forbids the Court to order imprisonment for refusal to obey an order of restitution of conjugal rights, but enables such a refusal to be made a ground for confiscation of the husband’s property in favour of the wife. No reciprocity here. Imprisonment before 1884 affected both husband and wife. Sequestration of property, the husband alone. Now imprisonment is abolished for the wife, and so the wife goes scot free, while the husband is as much bound as ever in person and in property »

The Legal Subjection of Men, A. B. Bax (1908)

Conclusion : Dépasser le féminisme

Une meilleure approche

La position défendue ici ne consiste pas à rejeter en bloc les propos tenus par Mill ou autres, mais à les compléter. Le prisme féministe de l’époque s’est arrêté aux stéréotypes et clichés patriarcaux (soumission de la femme à son mari ou son père). Mill reconnaît partiellement cette limitation formellement, mais ne la prend pas réellement en compte. Il précise simplement que ce traitement bienveillant dans la pratique (en opposition avec la tyrannie théorique infligée par les hommes aux femmes) ne peut servir d’excuse à l’injustice légale infligée aux femmes. Certes, c’est tout à fait juste, mais lui tombe dans le travers opposé en minimisant l’importance de cette réalité, puis en la justifiant de manière fallacieusement circulaire par la position d’esclave qu’il donne aux femmes.

« I don’t want to exaggerate—and I don’t need to! I have been describing the wife’s legal position, not her actual treatment. The laws of most countries are far worse than the people who carry them out, and many of them couldn’t remain laws if they were often enforced. […] men in general don’t inflict (and women don’t suffer) all the misery that could be inflicted (and suffered) if men used the full power of tyranny that the laws allow them. […] But the loosenings in practice […] don’t serve as any kind of excuse for this despotism (and all of this goes for any kind of tyranny). »

« The Subjection of Women » par J. S. Mill (1869)

Aussi, cette vision limitée excluait les intérêts que procure le fait d’être perçu comme faible, soumis et passif, sans pour autant l’être en réalité, position dans laquelle les femmes se trouvaient alors. Les féministes font un glissement depuis l’image caricaturale distribuée par le patriarcat : “les femmes sont faibles, passives et soumises”, vers une description révisionniste du comportement réel des femmes. Karen Straughan explique avec brio le concept « d’hypoagency » comme vu dans un précédent article. Être perçu comme faible, innocent ou passif, mais sans l’être pour autant, est un privilège.

Il faut aussi retenir que même si on considère cette perception comme désobligeante, elle est aussi méliorative dans le sens où elle diffuse une image de la femme comme pure, douce, incapable d’être malveillante. Elles étaient perçues comme moralement supérieures et il faut être d’une extrême mauvaise foi pour considérer cela comme étant désobligeant. C’est au contraire désobligeant pour les hommes.

À l’inverse, même si les hommes pouvaient être galvanisés à l’idée d’être montrés comme forts et dominants, cette perception s’accompagnait de son lot d’a priori péjoratifs sur les homme. Ils sont violents, dangereux, bestiaux, immoraux, etc. Mill ne reconnaît que très superficiellement ceci et ne le prend pas en compte par la suite.

These factors and devices […] can enable a woman to get an altogether excessive and unreasonable degree of command over the conduct of her husband, her superior. Through these various means the wife frequently exercises power (sometimes even too much power) over the husband; she can affect his conduct in matters where she may not be qualified to influence it for good. . . .and where he would act better if left to his own devices »

« The Subjection of Women » par J. S. Mill (1869)

Une meilleure compréhension

Il y a en fait une incompréhension fondamentale : Les hommes peuvent-ils décider des règles du jeu ? Une poignée d’hommes puissants tout au plus, eux-même influencés par leur femme. Une poignée d’hommes et de femmes, dans les faits, décident en partie de ces règles. La population générale, elle, ne fait que suivre ces règles, les femmes, mais aussi les hommes. Les hommes ne peuvent se dérober à leurs responsabilités, pas plus que ne le peuvent les femmes. Chacun a développé des stratagèmes pour esquiver ces devoirs – voire en tirer profit – mais toutes et tous y restent soumis.

Toutes ces réflexions n’auraient jamais dû aboutir à une guerre des sexes, car ce n’est pas une guerre des sexes, mais une banale opposition idéologique, dont l’objet porte sur les sexes.

2 Replies to “John Stuart Mill vs Alfred Belfort Bax”

  1. @Osalnef – Bonjour, ayant pas mal réfléchis au “patriarcat”, j’ai remarqué que le patriarcat est en fait un fourre-tout, on a choisit ce que l’on voulait mettre dedans afin qu’il puisse être utiliser comme arme réthorique par les féministes( il n’y a qu’a voir la page wikipedia).

    Pourquoi nous qui sommes anti-féministes ne théoriserions-nous pas le matriarcat comme quoi on viverait dedans depuis des miliers d’années ? Dans le but de neutraliser leurs réthorique, car c’est un concept fondamental de leurs réthorique leurs permettant de justifier la plupart de leurs bêtises, ça metterai à mal les “écoféministes”, etc…
    Car au final par ex, les femmes ont tjrs été + protégées que les hommes, que nos sociétés ce sont construites de manière à faire faire aux hommes tout le dur labeur pour le bien des femmes sans vraiment se préoccuper des hommes, etc…

    Vous en pensez quoi ?

  2. Au lieu de “fourre-tout” comme considération du patriarcat, je pense que “homme de paille” correspond pas mal aussi 🙂
    Au passage, très bon article, comme dab.

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