Droit de réponse à Vénus Callypige, bonus de l’introduction à mon anti-féminisme

Un article me calomniant par des procédés de manipulation assez grossiers a été publié le 11 Décembre sur Les Temps Modernes (anciennement Charlistan.net, le site de la charlosphère) sous la plume de Vénus Callipyge. Ce droit de réponse vise à corriger cela. L’article critiquait le discours de plusieurs personnes, pas uniquement le mien, mais le mien est – semble-t-il – concerné par les critiques concernant le discours du Raptor, première cible de la critique. Je vais donc répondre et réfuter toutes ces critiques car littéralement aucune n’est valide.

J’écris actuellement un bouquin visant à encourager au débat de manière la plus saine possible. Or, c’est une chose rare et ce hit-piece en est un exemple typique. Je tiens à faire d’une pierre deux coups : réfuter les absurdités auxquelles on me rattache, ainsi qu’illustrer par l’exemple ce que j’ai développé dans l’introduction à mon antiféminisme. Voici le niveau de la réflexion féministe et ce à quoi vous devriez vous attendre ne doit pas dépasser ce discours. Vous avez lu la théorie, maintenant vous pouvez remercier Vénus Callipyge ainsi que le blog Les Temps Modernes de fournir un cas pratique archétypal. La conclusion est donc repoussée à la semaine prochaine.

Masculinisme

Premièrement je suis considéré comme un masculiniste. C’est faux. Je ne défends pas la cause des hommes ni ne suis réac’, je suis simplement contre le féminisme. Le seul conseil que je peux donner aux hommes est le détachement, ni moi ni qui que ce soit d’autres ne viendra les aider. Ils doivent apprendre à ne pas se mettre en difficulté.

Négation de l’Écart des Salaires

Deuxièmement, mon discours nierait l’écart des salaires entre les hommes et les femmes. C’est faux, son origine est débattue, pas son existence. Elle fait fie des sources montrant que l’écart des salaires n’est pas forcément significatif, bien que quelques pour-cents persistent. Je ne fais pas référence pas à la publication de Korn Ferry – que d’ailleurs je n’utilise pas dans ma vidéo, ni dans les autres, ni dans mes articles – mais à un dossier de l’INSEE. Je précise même que je refuse de citer Korn Ferry pour des raisons méthodologiques, alors que de son côté, l’autrice prétend qu’à l’instar du Raptor, je me base sur elle plutôt que sur les publications de l’INSEE en faisant du cherry-picking. Cocasse.

Complotisme

Troisièmement, elle essaie de faire passer mon discours comme étant complotiste. C’est faux. Ça n’a rien d’un complot puisque c’est ouvertement assumé, c’est même revendiqué en fait. La discrimination est présumée sur la base du sophisme de l’appel à l’ignorance, des quotas sont mis en place légalement pour contrer la ségrégation professionnelle qui est à l’origine d’une partie de l’écart, etc. Il ne s’agit pas de remettre en question la neutralité idéologique et politique des experts puisqu’ils assument l’idéologie qu’ils promeuvent.

« Particularisme »

Quatrièmement, je ne défends pas une approche « particulariste ». Il s’agit de critiquer le biais écologique du discours féminisme que l’autrice critique elle-même. Il n’y a pas 25% d’écart entre deux homologues de sexe différent et prétendre que les moyennes calculées par l’INSEE le prouverait est incorrect.

Les Choix des Femmes

Cinquièmement, elle prétend que je refuse de me questionner sur les choix des femmes en n’étudiant que l’origine mathématique de cet écart, plutôt que de compléter cette analyse par une approche socio-psychologique de l’écart. C’est faux. La vidéo dont je suis l’auteur et qu’elle cite fait partie d’un diptyque dont la deuxième partie visait justement à adresser ce point et, par ailleurs, ce point était déjà mentionné lors de la première vidéo. J’en ai par la suite parlé via le cas de la menace du stéréotype, de ma critique de la récupération féministe du socio-constructiviste, ainsi que dans le contexte d’une introduction à mon anti-féminisme. Tout ça, je l’ai fait en vidéo, et en article. Comment peut-on me reprocher de ne pas l’avoir fait ?

Essentialisme

Sixièmement, j’essentialiserais les femmes, et ce, de manière moraliste. Quiconque a consulté mon avis sur le socio-constructivisme sait que je ne suis absolument pas essentialiste, c’est même tout le contraire ! Je me suis attelé à la très longue réalisation une vidéo d’une heure pour expliciter tout cela.

Si par « essentialisme », elle considère que je crois qu’il existe une dimension naturelle aux choix, comportements, à la psychologie, etc., des femmes, alors oui, c’est vrai. C’est aussi vrai pour les hommes. Ça n’implique absolument pas que cette dimension est la seule définissant ces aspects des hommes et des femmes. Par contre, sa position impliquerait alors que rien dans les différences de comportements et de personnalités des femmes et des hommes soient origine naturelle.

Concernant l’essentialisation des choix des femmes, je fais ce raccourcis parce que je ne peux pas aborder tout d’un coup. Elle en a parfaitement conscience puisqu’elle publie elle aussi son propos en plusieurs fois. Dans cette vidéo, le but était de réfuter l’idée que cet écart était dû à de la discrimination salariale. J’ai essayé de prouver que non, et que c’était les choix différenciés des hommes et des femmes qui en étaient l’origine. L’origine de ces choix n’est absolument pas le sujet de cette vidéo ! Ce sujet a été traité par la suite, et on voit parfaitement que je ne tiens pas de position réac’ ni essentialiste, au contraire !

Les Citations

Septièmement, littéralement toutes les citations sont tronquées ou hors-contexte de sorte à être détournées de leur sens d’origine. Certaines de ces citations étaient au conditionnel, dans le cas où on appliquerait la rhétorique féministe (que je ne partage pas). Je ne défendais absolument pas une discrimination positive des hommes, mais faisait remarquer que si on avait la même approche tribaliste que les féministes, alors ce serait la décision logique à prendre. Je ne partage pas cette position et le fait savoir clairement.

Il n’y a aucune essentialisation quand je dis que les hommes sont plus productifs que les femmes, et donc meilleurs dans les domaines où la productivité est importante. Je source ma position et le but est uniquement de montrer que cette différence, qui n’est pas prise en compte par l’INSEE notamment, peut expliquer les différences de salaires. Elle conclue d’ailleurs son article en indiquant qu’elle va développer en quoi l’importance de la productivité dans la détermination du salaire est plus pertinente à étudier que le patriarcat quand il s’agit de mieux comprendre les écarts de salaire. Ceci implique qu’elle admet que les différences de productivité influent sur le salaire, mais elle va plus loin que ça en prétendant que c’est le système capitaliste à l’origine de cette approche qui est oppressif. Or, ce n’est juste pas le sujet que j’avais décidé de traiter. Et malgré cela, sans développer de critique anti-capitaliste de l’écart salarial, j’expliquais justement en quoi l’oppression était économique et non patriarcal !


Je ne défends pas l’idée que les garçons sont plus méritants par essence. Un 10/20 d’un garçon a plus de valeur qu’un 10/20 d’une fille parce qu’il est soumis à un barème plus rigoureux. Si une fille est mauvaise en sport, elle peut avoir une note moyenne voire une bonne note, ce qui ne va pas plomber sa moyenne générale. À l’inverse, un garçon mauvais en sport aura plus probablement une mauvaise note qui va tirer sa moyenne vers le bas.

En outre, ma position ne se limite pas à cet argument, mais aussi au fait que les filles sont surnotées en maths et mieux traitées que les garçons par le corps enseignant (sources à l’appui).

L’aspect Moral

Huitièmement, elle m’accuse de sexisme en cherchant à hiérarchiser les hommes et les femmes de manière essentialiste. À aucun moment je ne fais une telle chose. Je tente d’expliquer l’écart des salaires en montrant que ce n’est pas la discrimination des patrons. Pour ce faire, je dois relever les différences entre les hommes et les femmes et insister sur des aspects un peu délicats à accepter. Or, je ne le fais pas uniquement dans un sens.

J’explique ad nauseam, à l’écrit comme à l’oral, plusieurs fois, que le comportement et les choix des femmes ne sont pas mauvais, mais qu’ils sont au contraire légitimes et que, à titre personnel, je les comprends parfaitement et les applique. J’ai quitté un job très rémunérateur qui nécessitait une trop grande implication de ma part. Je n’ai pas besoin d’autant d’argent et je préfère faire autre chose que travailler +60 heures par semaine. Quel niveau de complexe d’infériorité faut-il pour y voir du mépris pour les femmes ?

Psychanalyse de Comptoir

« Je note également qu’il parle des hommes en tant qu’hommes, mais de femmes en tant que « filles »; si cela pourrait paraître anecdotique à certains d’entre vous, l’emploi de ces termes illustre pourtant une représentation du monde qui infantilise et discrédite la légitimité des femmes sur le marché du travail. »

Neuvièmement, sérieusement ? Comme si ce n’était pas déjà assez ridicule comme argument, il est tout simplement irrecevable. Vous le savez maintenant, je ne suis pas un orateur d’exception et ai beaucoup de difficultés à effectuer les enregistrements audio. Mais je me doute bien ne pas recevoir de traitement charitable à ce sujet (#Validisme), c’est pourquoi je me permets de signaler que j’ai aussi fait l’erreur dans l’autre sens, et juste après la première erreur qu’elle me reproche !

Manipulation Malhonnête des Chiffres

Dixièmement, je manipulerais les chiffres avec malhonnêteté pour appuyer ma vision sexiste positionnant la femme en tant que naturellement inférieure de l’homme. Aucune preuve n’est apportée de cela. Qui plus est, avouez qu’il est assez maladroit de ma part – en tant que sexiste essentialiste réac’ probablement homophobe néonazi qui mange des bébés chats au petit dèj’ – de montrer d’un côté à quel point les femmes parviennent à contre-balancer le handicap des règles douloureuses au point que les conséquences sur les différences de salaires soient minimes ; et de l’autre côté que les femmes sont de meilleurs médecins que les hommes. Alors c’est ça instrumentaliser « des chiffres afin de valider une vision largement masculiniste du monde du travail et réaffirmer la suprématie morale des hommes (face à ces femmes paresseuses, non méritantes, et profiteuses ; réactivant ainsi des schémas de pensée éculés à la limite du moyenâgeux). » ?

Littéralement le seul passage où j’ai une approche essentialiste – douleurs liées aux menstruations – c’est pour montrer le mérite des femmes. Et même si je défends la supériorité des hommes en terme de productivité, le fait que je souligne la supériorité des femmes en terme de soin médicaux montre que la position morale que je défends n’est absolument pas la supériorité des hommes. Ma position morale est clairement exprimée et elle est mille fois mieux formulée par Marguerite Yourcenar diffusée dans la deuxième vidéo dédiée à ce sujet.

Conclusion

L’autrice prétend ceci :

« Il ne s’agit en aucun cas de critiquer frontalement ces deux créateurs de contenus, en remettant absolument en cause l’ensemble de leur production, mais de souligner les points aveugles et failles rhétoriques de leur discours sur ce sujet précis. »

Pour ensuite dire ceci :

« Il ne s’agira pas ici de répondre à toutes ces affirmations tant elles me paraissent saugrenues (et je ne veux pas alimenter un débat absurde en lui donnant ne serait-ce qu’une impression d’autorité – lui répondre factuellement, c’est déjà estimer qu’il pourrait être pertinent de penser ainsi) ».

Or, aucune analyse factuelle n’a été développée, pour laisser place à de l’ad hominem accompagné de déformations toutes plus grossières les unes que les autres. En somme, de la calomnie totalement gratuite et après toutes ces années de débats avec des féministes de tous horizons, je pense que cette conclusion définie parfaitement le niveau : sophismes en pagailles, ignorance crasse, incompréhensions motivées de bout en bout et suffisance mal placée.

5 Replies to “Droit de réponse à Vénus Callypige, bonus de l’introduction à mon anti-féminisme”

  1. le droit de réponse est le bienvenue sur tempsmodernes, par contre il ne me semble pas que – même si elle aie critiqué ton travail sur des points argumentés – les attaques ad hominem bourgeoise mal apprivoisée et sur sa chaine youtube, tu m’excuseras, mais ça fait vraiment retomber tout le reste dans la bouffonnerie sexiste, dommage, le contenu est intéressant mais le titre et le splashscreen putaclic – pour les gens qui te suivent j’imagine – est de trop. Pour info c’est pas Camarade Charles le Gourou, on a une petite équipe d’édition et de relecture, et on accepte les avis et les textes de beaucoup de gens tant qu’ils sont argumentés, respectueux et ouvrent à une réflexion. Notre but n’est pas de s’enfermer dans une bulle idéologique, comme d’autres.

    1. D’accord pour Camarade Charles, j’ai corrigé le tir. Il s’agissait d’un quiproquo avec Rektorat. J’ai tout de même essayé de ne pas lui tirer dans les pattes, simplement évoqué ma surprise.

      Pour le droit de réponse, j’ai fait parvenir une demande en début de semaine, sans réponse. J’ai eu le temps de faire la vidéo entièrement en parallèle d’un travail à temps plein et de travaux qui me prennent énormément de temps. C’était donc largement suffisant pour réagir, simplement me tenir au courant (je ne m’attendais bien évidemment pas à pouvoir publier une réponse dans la foulée). J’ai eu la courtoisie de prendre contact en amont, chose que je n’étais pas obligée de faire. Cette courtoisie n’a pas été retournée, jumelée à l’irrespect total que constitue l’article orignal, je m’estime plutôt bon joueur. Je vais tout de même signaler l’accord du droit de réponse sous la vidéo. Si toi ou Venus voulez écrire un pavé en réponse sous la vidéo, je l’épinglerai.

      « Bourgeoise mal apprivoisée » est sa propre description et je n’ai fait que faire une capture d’écran de sa propre page de présentation sur votre site, tout en reprenant l’image qu’elle avait choisi pour son article. Ce que je montre vient de votre propre site et de sa propre main, me le reprocher est donc assez malvenu.
      Quoiqu’il en soit, du taunt ouvertement misogyne et gratuit n’aurait pas été volé au vu des calomnies et de la malhonnêteté dont elle a fait preuve et qui n’a visiblement choqué personne dans la rédaction qui a consulté son article. Je ne crois pas que la qualifier de bourgeoise mal apprivoisée sans qu’elle ne se soit elle-même décrite de la sorte aurait été davantage irrespectueux que de me présenter comme un essentialiste réac’ sexiste crypto-complotiste qui cherche à asseoir secrètement la supériorité morale des hommes sur les femmes. La paille, la poutre. Le respect est totalement absent de son article, pas uniquement envers moi, mais aussi envers ses lecteurs ainsi que ses co-rédacteurs.

      Je doute que ce soit très pertinent de se présenter en tant qu’ouvert d’esprit si c’est pour en parallèle insinuer que je ne le suis pas pour l’unique raison que je corrige les malfaçons outrageuses de cet article. J’ai au contraire précisé que nos multiples divergences d’opinion n’était pas un problèmes, mais que c’était le caractère calomnieux qui m’avait choqué. Sans cela, je n’aurais probablement pas répondu. Ma réponse ne porte pas sur l’écart des salaires en lui-même, qu’elle pense ce qu’elle veut à ce sujet. J’ai essayé de montrer en quoi et comment elle avait déformé mon propos pour me calomnier, à aucun moment je n’ai attaqué sa position sur le sujet. Encore une fois : qu’elle pense ce qu’elle veut. Donc inutile de jouer les père-la-morale, à d’autres. Je ne m’attendais à rien de particulier sur le fond. J’ai lu quelques articles ici, je les ai trouvés agréables sans forcément bien appréhender les sujets dont il était question. En revanche, je m’attendais à un minimum de tenu, en effet.

    2. J’ai malheureusement l’impression que, contrairement à ce que vous dites, vous finissez bien par vous enfermez dans une bulle idéologique, qui asphyxie la qualité des réflexions qui sont produites, réduisant l’intérêt que l’on peut porter à celles-ci. Et réduisant aussi leur crédibilité, malheureusement.

  2. Tout ce que dit Mme Yourcenar est faux et on le sait depuis bien longtemps. Comment peut on séparer la sexualité du reste du corps, c’est tellement con que tout respect pour cette auteur est définitivement perdu. Il n’y a rien de masculin chez la femmes et rien de féminin chez l’homme car les hormones qui gouvernent le fonctionnement de TOUS les organes ne sont pas les mêmes. Et le cerveau gouverné lui aussi pas ces hormones ne fonctionne pas pareil. Il n’y a rien de commun ou d’identique entre hommes et femmes, seulement de la complémentarité.

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