Introduction à l’antiféminisme (Partie IV) : Expérience personnelle

Le sommaire et la présentation de cette série d’article est consultable ici : Introduction à l’anti-féminisme
Les articles sont disponibles en version audio ici : Lectures audio des articles
L’intégralité du propos sera consultable en livre à partir du premier trimestre 2021.


Préambule

Cet article sera beaucoup plus personnel. Il fera part d’un ressenti. Comprenez bien que ce n’est pas fait de gaité de cœur, bien au contraire. Le but est de vous décrire la différence de traitement qu’on peut recevoir en tant qu’homme victime de violences conjugales ou sexuelles de la part du féminisme ou du traditionalisme/virilisme. Le but est aussi de vous montrer qu’entre le discours d’aide, et l’aide réelle, il y a un gouffre monumental. C’est de là que la lueur anti-féministe est apparue en moi. C’est en voyant que mon cas n’était pas une exception, mais plutôt la norme, que j’ai commencé par remettre en question mon rapprochement avec le féminisme. Mon anti-féminisme est réellement apparu par la suite quand j’ai constaté tout le mal que faisait ce mouvement à bon nombre de victimes, mais aussi pour d’autres raisons que nous aborderons par la suite ou que nous avons déjà abordées.

Cet article est donc en quelque sorte une trêve dans mon argumentaire anti-féministe. Ce n’est pas un argument à charge contre le féminisme, mais une tentative de vous faire comprendre notre vécu. J’espère ainsi vous montrer comment ou peut finir par conclure que le discours viriliste nous est bien favorable au discours féministe. Je précise clairement que je ne suis absolument pas viriliste et que ce n’est pas du tout une idéologie qui m’attire à titre personnel ni que je promeus dans l’absolu dans cet article. C’est justement le problème que j’essaie de soulever. Comment un petit gars à l’origine féministe et plutôt progressiste finit par appliquer la doctrine viriliste dans sa vie de tous les jours pour aller de l’avant ?

I) 3 approches différentes

Présentation de l’approche viriliste

L’approche viriliste consiste à présumer d’une puissance inébranlable de l’individu (masculin). S’il se fait attaquer, il doit savoir se défendre, attaquer en retour, ou au minimum se relever s’il est défait. Cette approche nécessite de mettre de côté ses sentiments et d’outrepasser ses faiblesses. En pratique, il s’agit plutôt de fermer les yeux à leur sujet. Il ne faut compter que sur sois et n’être un poids pour personne. Au contraire, il faut les porter, les tirer vers le haut.

NDLR : Il y a aussi toute une dimension misogyne, mais c’est hors-sujet dans le cadre de cet article et de la défense que je fais du virilisme (ce n’est pas la partie misogyne que je défends ici)

Présentation de l’approche féministe

L’approche féministe est bien plus compatissante. Elle tolère grandement l’échec et prône plutôt la douceur, la patience et la coopération. Elle présume du soutien de la communauté et encourage donc à se tourner vers elle en cas de besoin, plutôt que de croire pouvoir tout régler soi-même.

NDLR : Consciemment ou non, cette approche rejoint grandement les stéréotypes féminins, mais pour les mêmes raison que la misogynie du virilisme, je ne vais pas m’y attarder.

Approche personnelle

Dans mon cas, j’ai tendance à être à mi-chemin entre les deux positions, avec une préférence pour l’approche féministe. C’est donc tout naturellement que j’ai appliqué cette approche : accepter sa faiblesse et se tourner timidement vers les autres par besoin. Ce fut une erreur que je ne souhaite à aucune personne dans la même situation. À moins que la prise de 25kg en moins de 10 mois suite à une dépression ne représente une perspective alléchante, je pense que personne ne le souhaite non plus.

II) Métaphore des enfants de la Lune

Le xeroderma pigmentosium est une maladie rare causant (entre autres) une hypersensibilité aux rayons UV. Les individus atteints sont comme allergiques au Soleil et ne peuvent sortir de chez eux sans une combinaison spéciale.

Approche féministe

Le discours féministe (bienveillant) vous dira que vous devez sortir de chez vous, vous ouvrir au reste du monde. Vous devriez avoir le droit et la possibilité de le faire, sinon ce serait injuste, donc la personne féministe vous dira de le faire. Si c’est injuste, alors ça n’est pas réel.

Sauf qu’en réalité, ça ne fonctionne pas comme ça. Vous allez vous ouvrir, mais comme un enfant malade sans combinaison, ça va surtout vous porter préjudice. Personne ne vous a fourni de combinaison, l’environnement vers lequel on vous dirige n’est pas sécurisé pour vous. Mais vous finissez par faire confiance et vous acquiescez.

Résultat, vous terminez dans un pire état encore. En plus de votre victimisation originelle, vous devez maintenant supporter les rejets, les moqueries, les incompréhensions, la méfiance, etc. à laquelle vous avez dû faire face.

Approche viriliste

L’approche viriliste est incroyablement plus froide et dure, mais elle a le mérite d’être franche et adaptée à la situation. Elle vous dit que sans combinaison, vous ne sortez pas. Elle vous dit aussi que personne ne vous fournira de combinaison, donc qu’il faut se faire à l’idée de ne plus sortir du tout en plein jour. Il va falloir se contenter de la nuit et des divertissements en intérieur qui sont malgré tout divers variés.

Certes, on peut trouver ça injuste, mais ça a le mérite d’être clairvoyant, parfaitement honnête et de ne pas causer un deuxième préjudice.

III) D’autres témoignages

J’avoue greffer ce point à la dernière minute. Il ne sera peut-être pas présent en livre. On m’a fait part d’un mémoire récemment composé de témoignages que j’aimerais partager. Le but est de vous montrer que ce n’est pas seulement moi, anti-féministe, qui tient un tel discours par velléités idéologiques. Je ne pense pas que la majorité des hommes m’ayant partagé leur histoire soit anti-féministe comme je le suis. Aucun ne s’est présenté comme féministe, mais il s’agit surtout de détachement envers tout ça. Un regard critique certes, mais pas non plus en totale opposition vis-à-vis du féminisme. Cependant, ces témoignages étant privés, je ne peux les partager ni prouver que ce ne sont pas des témoignages que j’invente de toute pièce. C’est pour ça que, sauf exceptions comme ce témoignage d’un homme anti-féministe pour Madmoizelle.com, je ne partage aucun autre témoignage que le mien.

Cependant, avec l’accord de l’auteur à condition d’une citation en bonne et due forme, je peux partager ces témoignages en vous fournissant la certitude qu’ils sont authentiques. J’insiste sur le fait que ces témoignages ne doivent pas servir à justifier une position anti-féministe comme celle présente tout au long de cette introduction à mon antiféminisme. Cet article, et donc mon témoignage ainsi que les suivants, sont avant-tout des témoignages, pas des arguments. J’espère ainsi vous assurer de la sincérité des propos que je tiens ainsi que des sentiments que nous vivons. Le but de cet article est avant-tout de vous montrer ce qu’on vit et comment on le vit.

« #MeToo, ça a été super violent pour moi, de, je pense pour d’autres hommes victimes, de, d’entendre toujours, uniquement, les femmes victimes de viol, je suis pas en train de relativiser ou de dire que c’est pas grave, les femmes victimes de viol, pas du tout, il n’y a pas de concurrence de victimisation, mais par contre, c’est toujours l’homme l’agresseur et la femme victime, et ça c’était assez dur d’être assimilé à une espèce de solidarité de genre qui ferait que vous soyez, vous êtes un homme donc forcément vous êtes un agresseur ».

Entretien homme interrogé 3, Annexe n°11, P. 254

« avoir du désir en fait pour une femme ou pour quelqu’un d’autre était extrêmement pour moi, en fait dégoûtant et gênant et je l’associais justement au viol, et dans le sens où, j’avais peur de devenir moi-même un agresseur »

Entretien homme interrogé 8, Annexe n°16, P.322

« mais dans l’esprit d’un petit garçon, quelque part, ça aurait plus de sens et quelque part ça aurait, dans mon expérience à moi, ça aurait plus de sens, je crois que j’aurais mieux compris ce que j’avais vécu si j’avais été une fille. Parce que ce serait rentré dans un schéma, dans une représentation que les médias ne formulent plus aussi, qui aurait été estampillée « validée » quelque part par la société, tu vois ce que je veux dire ? »

Entretien Victime-témoin, Annexe n°8, P. 174.

« il y avait quand même une certaine forme de, d’agressivité contre le masculin donc je suis profondément, je pense qu’il faudrait quand même, c’est pas un sexe qui se met en guerre contre un autre, déjà ça touche aussi des hommes, donc ça serait bien d’en parler davantage et en plus je trouve que ça reste encore extrêmement, extrêmement tabou. On parle beaucoup des auteurs hommes mais il y a aussi des auteurs femmes de sorte à ce que ça puisse commencer à émerger au grand public aussi pour ouvrir les consciences davantage du corps. Donc je pense que le mouvement #MeToo a des choses très positives, et en même temps je sens que ça a pu déstabiliser quelques, je pense que ça a dû déstabiliser certains hommes. »

Association Stop aux violences sexuelles, Bénévole 2, Annexe n°3, P.106

« Recourir à un média est une façon de s’adresser à tout le monde tout en ne s’adressant à personne. En effet, la victime qui parle n’a pas de contact direct avec les personnes qui reçoivent son témoignage, à l’exception du ou de la journaliste. Celles-ci font partie d’un public et peuvent réagir ou non face au témoignage. Du fait de cette dépersonnalisation de l’interlocuteur, la victime cherche moins du soutien qu’un exutoire par lequel se libérer du poids de son histoire. Il peut y avoir aussi ce besoin en tant que victime d’alerter l’opinion publique sur ce problème de société. »

« elle m’a pris dans ses bras, et quand je lui en ai reparlé il y a deux ans, elle se rappelait pas que je lui avais dit, et les ami/e/s à qui j’en ai parlé, il y avait pas de retour, pas d’écho, c’est, vous parlez dans le vide en fait, vous avez l’impression que les gens n’enregistrent pas du tout ce que vous êtes en train de dire, qu’ils sont en train de, ça imprime pas, il y a quelque chose qui passe pas, c’est très étrange, et la seule personne qui m’a vraiment écouté et cru c’est mon père en fait. »

Ces témoignages proviennent du mémoire de Fournier, B. La perception de la parole des hommes victimes de viol dans l’espace public et privé, UPEC, 2020. Pour accéder à ce mémoire, vous pouvez contacter l’auteur directement via l’adresse : fournierbernard@laposte.net

IV) Vision d’ensemble de notre vécu

En somme, nous passons par bon nombre d’émotions et très rares sont les positives. Nos cas sont perçus comme secondaires, à la fois en fréquence et en gravité (le premier aspect induit souvent le deuxième). Quand ils sont pris en compte, le sophisme du « ça s’annule » est très courant.

On ne se sent pas légitimes en tant que victime. Comprenez que quand on voit sur un fil twitter 100% des articles concernant une femme/fille victime et un homme coupable, on ne se sent pas bien, en tant qu’homme victime. Ou bien on ressent (à tord ou à raison là n’est pas la question) de l’hostilité, ou bien comme si nous on était un infiltré, en tant qu’homme, appartenant donc au groupe des oppresseurs coupables. Le discours genré plus généralement ne nous fait pas du bien, au contraire, il participe à nos difficultés, voire en est à l’origine de certaines. Il ne s’agit pas, je le rappelle, de minimiser les cas des femmes, d’encourager à moins en parler. Non, il s’agit de parler mieux du sujet des violences conjugales et sexuelles. Personne ne peut nier que dans la presse, mais aussi dans le discours d’aide aux victimes, les hommes victimes ainsi que les victimes de femmes sont sous-représentées, indépendamment de la victimation réelle. Même si on se cantonne aux estimations basses des données officielles, les hommes restent sous-représentés.

La honte

L’interprétation de notre difficulté à parler nous humilie encore plus. Même quand, semble-t-il, on aspire à nous aider, l’effet peut être inverse. On finit par se sentir comme responsables de notre silence. C’est la toxicité de notre masculinité qui fait qu’on ne parle pas, et d’ailleurs, on doit parler, apparemment. L’injonction à la parole n’est pas toujours bien supportée. Le cout n’est pas le même pour les hommes victimes et on se sent donc encore moins compris. Certains hommes n’en parlent pas par honte d’autres par pudeur. En définitif, on finit par avoir honte de notre honte/pudeur elles-mêmes. C’est insupportable, la sensation d’être piégé nous envahit quoiqu’on fasse.

Les conditions pour être validé en tant que victime

Témoigner sans préciser ad nauseam notre amour du féminisme et que de toute façon ce sont les femmes les vraies, les principales victimes est totalement impensable. On reçoit un silence assourdissant de la part du citoyen moyen et une méfiance, voire une hostilité, de la part du féministe moyen. Si jamais on précise notre amour indéfectible du féminisme et que notre cas ne signifie en réalité rien du tout et que d’ailleurs on soutient pleinement le féminisme, etc., alors on aura le droit à un peu de soutien. La condition est de retourner à la niche juste après. Pour certains, c’est nécessaire, un moindre mal. Comprenez que ce n’est pas une option satisfaisante pour beaucoup.

Être une fausse victime

On peut avoir l’impression de ne pas être une vraie victime, en tant qu’homme, ou bien en tant que victime d’une femme (les femmes victimes de femmes seront abordées dans le sixième article). On se dit qu’en cherchant de l’aide, on “vole” l’aide qu’une vraie victime aurait pu recevoir à notre place. On considère qu’on mérite moins d’aide qu’une vraie victime. Si l’aide est féministe, on a d’autant plus cette impression.


Comme vous le voyez, je parle bien plus de ce qui se passe plutôt que de l’acte en lui-même. Je le fais pour deux raisons : c’est l’aspect sur lequel on a le plus d’emprise en tant que société, qu’on peut plus aisément corriger ; c’est un aspect dont la souffrance n’a que peu à envier à l’acte en lui-même et ce n’est pas forcément une évidence pour tout le monde.

V) Quelques conseils

Sans prétention aucune, je me permets de partager quelques conseils à toute personne ou association qui serait réellement et sincèrement désireuse d’aider (aussi) les hommes victimes.

Ne pas genrer l’intitulé

De l’intituler de votre collectif/association/refuge/numéro d’appel/etc., il est primordial d’être inclusif. Croyez-moi que dans ce genre de situation, la dernière chose qu’on souhaite est de risquer une confrontation, de déranger et pire, d’être rejeté. Si votre initiative est inclusive des hommes, le minimum est de ne pas donner l’impression que ce n’est pas le cas en choisissant un intitulé genré (Violences Femmes Information par exemple), mais mieux encore, plutôt que d’opter pour un titre neutre, préférez un intituler qui montre clairement que tout le monde est bienvenu. Parfois, la simple constatation qu’une aide nous est adressée suffit à remontrer la pente. Par défaut, même si ce n’est pas genré au féminin, on aura tout de même l’a priori que ce n’est pas destiné ou adapté aux victimes masculines.

Ne pas genrer le discours

Sur les réseaux sociaux, mais aussi via les campagnes de sensibilisation, il est important de ne pas tenir de discours exclusif au mieux, misandre au pire. Beaucoup d’entre nous deviennent extrêmement méfiants. Si on voit sur le compte twitter de votre présidente qu’elle tient ou partage des propos à coup de #MenAreThrash ou qu’elle diabolise la masculinité, comprenez que l’envie de se confier redescend assez promptement. Peut-être est-ce le but, dans ce cas changez rien, ça fonctionne à merveille.

Ne pas genrer le traitement

Dans l’optique de soigner les victimes masculines, il est nécessaire de mieux les comprendre. Ce n’est vraiment pas en nous parlant de masculinité toxique, d’oppression patriarcale, etc. qu’on va aller mieux. À titre personnel, je trouve ça même carrément indécent en plus d’être impertinent. Ce n’est pas un traitement que vous fournissez à une personne affaiblie, mais un discours idéologique. Comprenez que ce n’est pas forcément ce qu’on recherche en poussant la porte d’une association d’aide.

Remarque : En réalité, cette critique concerne le discours féministe de manière générale.

Le féminisme confond honte et pudeur. Les hommes sont davantage pudiques que honteux, mais certains finissent par ressentir cette honte parce qu’on leur dit que c’est ce qu’ils doivent ressentir en tant qu’homme victime au sein d’une culture patriarcale. En lui parlant de honte, vous le faites culpabiliser, il finit par croire que c’est lui le problème et finit par avoir honte d’avoir honte. Le problème n’est certainement pas résolu, il est même aggravé.

Remarque : Ce n’est qu’une impression, mais il se peut que cette approche puisse fonctionner pour un homme féministe victime d’un autre homme.

Le lien avec le féminisme

L’idéal serait de ne pas se présenter comme féministe. Je ne demande pas un anti-féministe, mais simplement une aide qui n’est pas portée par une quelconque idéologie, ni féministe, ni anti-féministe.

Je crois qu’il est nécessaire que j’insiste sur le fait que le but n’est pas de promouvoir mon anti-féminisme. Le but est de détacher l’aide aux victimes de toute idéologie. Si j’inclus malgré tout cet article au sein de cette introduction, c’est à la fois pour sensibiliser un public critique du féminisme aux cas des hommes victimes et à leur vécu, mais aussi pour montrer que ce n’est pas uniquement par anti-féminisme qu’on mentionne le cas des hommes victimes, mais parce que pour parler des hommes victimes, il est tout aussi nécessaire de parler des méfaits du patriarcat que ceux du féminisme. Cependant, il n’est pas nécessaire – en théorie – de rejeter le féminisme, comme je le défends tout au long de cette introduction, pour améliorer la situation abordée ici. Je pense qu’au contraire, les féministes bienveillants, sensibles à des aspirations égalitaires et anti-sexistes et touchés par les cas des hommes victimes, devraient porter leur propre féminisme davantage. Cet article incite donc à davantage de féminisme, mais pas n’importe lequel. Ce n’est que face au constat de l’impossibilité d’une réelle défense des hommes au sein du féminisme que j’invite ces féministes à rejoindre ma conclusion. Ne me croyez pas sur parole. Portez votre féminisme égalitariste fièrement et avec insistance. Militez pour ce féminisme. Prouvez-moi que j’ai tort de croire que l’anti-sexisme doit passer par un anti-féminisme. Vous verrez cependant qu’à terme, un combat contre le féminisme est en réalité nécessaire.

Conclusion

En somme, adaptez vous à la victime, plutôt que d’attendre d’elle qu’elle s’adapte à vous.

J’espère vous avoir permis de comprendre via un exemple concret plutôt qu’une approche théorique ou empirique la nocivité que peut représenter le féminisme, même si vous, en tant que féministe sincère et bienveillant, croyiez en l’innocuité du féminisme.

Dans l’absolu, le virilisme n’est pas une approche que je souhaite conseiller, mais faute de mieux dans ce contexte, force est d’admettre que c’est la moins mauvaise des solutions à disposition. Comme pour une femme lesbienne victimisée par sa conjointe, l’homme victime pourrait mentir sur le sexe de son agresseur et dire que c’est un homme. Il est certain qu’il a en effet moins de chance d’être reçu avec méfiance, mépris ou colère. Certainement qu’il aura le droit à un minimum d’écoute sincère du fait qu’il valide l’idéologie féministe et ne la remet pas en question (cf. sophisme du « ça s’annule »). Le sentiment d’acceptation communautaire et le fait d’être entouré pourrait lui être bénéfique, même si c’est pour de mauvaises raisons.


Article suivant

Au-delà de mon témoignage, nous verrons dans l’article suivant le rapport qu’entretien le féminisme avec ces victimes masculines, à la fois dans la pratique et sur le plan théorique.

2 Replies to “Introduction à l’antiféminisme (Partie IV) : Expérience personnelle”

  1. 49 ans après avoir été agressé sexuellement par mon frère aîné, la réalité est là : il y n’y a RIEN, dans tout le “discours” feministe -l’argumentaire, la rhétorique, l’iconographie – qui m’incite à lui faire confiance pour me soulager.
    Très bon article.
    L’intuition selon laquelle, si on parle à une feministe de ce qu’on a subi de la part d’un homme, la réponse sera “tu vois ? …masculinité toxique !”, voire même qu’elle se servira de notre témoignage pour porter encore plus son message contre les hommes , Eh bien cette intuition là, elle est inscrite en lettres de feu dans l’esprit de tout homme victime. C’est pour ÇA qu’ils parlent si peu de leur trauma. PAS “à cause du patriarcat” !
    On est seuls, effectivement.

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