Introduction à l’anti-féminisme (Partie V) : La défense des hommes victimes

Le sommaire et la présentation de cette série d’article est consultable ici : Introduction à l’anti-féminisme
Les articles sont disponibles en version audio ici : Lectures audio des articles
L’intégralité du propos sera consultable en livre à partir du premier trimestre 2021. Cet article représente environ 33% du deuxième chapitre et 50% du propos relatif à la défense des hommes victimes.

Préambule

Cet article aura pour objectif de vous montrer qu’il est parfaitement naïf de croire que le féminisme encourage à la défense des hommes et la voit d’un bon œil. Si on se fie à des articles de journaux dramatiquement consensuels et creux ainsi qu’à une vision bisounours du militantisme et de la politique, alors certes, le féminisme défend aussi les hommes. Dans le vrai monde de la réalité véritable, il en est tout autre.

Il serait bien trop fastidieux de répertorier toutes les occurrences au cours desquelles des organisations féministes se sont soulevées face à la défense des hommes. La défense de l’intégrité des hommes est perçue comme une tentative de maintient de leurs privilèges. Nous allons donc plutôt expliquer pourquoi le féminisme ne défend en réalité pas les hommes, tout en citant quelques manifestations notables de cet état de fait.

Remarque : Certains d’entre vous seront tentés de rétorquer que le féminisme « n’est pas censé » défendre les hommes. Je vous renvoie donc aux deux premiers articles de cette série.

I) La non-défense des hommes par le féminisme

Le combat pour les femmes

Indéniablement, le féminisme a fait preuve d’un travail acharné et continu dans la défense des femmes. Les refuges pour femmes battues se comptent par dizaines en France. Plusieurs numéros d’appel sont disponibles pour les victimes de violences conjugales ou sexuelles. La définition légale du viol a été élargie grâce à son militantisme pour inclure le viol conjugale notamment. Inutile de faire un inventaire exhaustif, il est admis de toutes et tous que le féminisme a effectué un travail d’exception à ce sujet.

Le combat pour les hommes

Cependant, aucun de ces refuges n’est destiné aux hommes victimes. Aucun refuge n’est mixte non plus. Il en va de même pour les numéros d’appels féministes. Tout au plus ils seront poliment redirigés vers un autre standard téléphonique. Parfois, cet autre standard s’avère être destiné aux hommes violents ! Dans d’autres cas, on leur dit clairement qu’ils ne peuvent être la victime. Et enfin, les campagnes de sensibilisation n’incluent pas non plus les hommes. Tout au plus, si un homme victime est inclus, ce sera un homme gay victime d’un autre homme.

NDLR : cf. sophisme du « ça s’annule »

Le cas des campagnes de sensibilisation est le plus incompréhensible. En effet, contrairement aux refuges, inclure les hommes dans ces campagnes ne représente strictement aucun surcoût. Comme pour les suicides par exemple, même si on sait que les hommes se suicident 3 fois plus que les femmes, on fait des affiches à destination de tout le monde. Il en va de même pour les SDF (2 à 3 fois plus d’hommes) ou les sans-abris (20 fois plus d’hommes). Personne n’est exclu et c’est une très bonnes chose. Il est complètement absurde de discriminer une démographie sous prétexte qu’elle est ou serait minoritaire. C’est même pire que ça ! Ces minorités font généralement face à davantage de difficultés que la majorité. Les cas précédemment cités ne font absolument pas exception. Les femmes commettent davantage de tentatives de suicides par exemple. L’ironie de la situation est que le féminisme se veut désormais inclusif et défendre les minorités. Le caractère minoritaire ne doit pas être le justificatif d’une discrimination selon le progressisme, et je suis d’accord. Néanmoins, quand il s’agit de victimation masculine, le caractère présumé minoritaire de cette démographie sert précisément de justification à l’exclusion !

Le cas du 39 19

Pour les numéros d’appel, on peut même remarquer des agissements bien étranges. Le numéro « 39 19 – Violences Femmes Info » par exemple. L’intitulé est clairement genré. Mais alors que les personnes tenant ce standard signalaient avec insistance que les victimes doutent de leur légitimité et ont donc besoin d’une main tendue clairement inclusive et bienveillante, l’intitulé aujourd’hui genré ne l’était auparavant pas « 39 19 » ou encore « Violences conjugales Info ». Vous admettrez qu’il est difficile d’y voir une volonté de défense des hommes ou même de l’ensemble des victimes là-dedans, mais au contraire une volonté ferme et continue de les exclure. Vous pourriez croire qu’à l’époque de l’intitulé non-genré, il y avait une volonté d’inclure les hommes, mais pas du tout. En réalité, le tout premier intitulé était « Violences Conjugales-Femmes Info Service », mais jugé trop long, l’intitulé a été raccourci.

« En 1992, la FNSF fonde, avec le soutien du secrétariat d’état aux femmes, une plateforme d’écoute téléphonique « Violences Conjugales-Femmes Info Service ». La nécessité de remplacer le numéro de téléphone existant par un numéro court, à moindre coût et facilement mémorisable se fait jour et, le 14 mars 2007, Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale et la Parité met en place le « 3919 ». Le service d’écoute, toujours géré par la FNSF prend alors le nom de « Violences Conjugales Info ». […] En 2010, la FNSF a été désignée pour être « l’opérateur opérationnel » de la Grande Cause Nationale des violences faites aux femmes. De fait, les compétences de la plateforme téléphonique ont été élargies à l’ensemble des violences faites aux femmes et son service d’écoute pour les périodes de campagnes médiatiques a été réorganisé en instaurant un pré-accueil téléphonique pour désengorger les lignes et renommé durant ces périodes « 3919 – Violences Femmes Info ». À ces occasions, les appels ont sensiblement augmenté. »

Rapport 2012 de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, Alain Bauer & Chrisophe Soullez ONDRP, pages 372-373 (2012)

Victimation

La sensibilisation est primordiale. Il faut s’adresser aux victimes potentielles et leur offrir de l’assistance. Cette sensibilisation et cette aide n’est pas sans conséquences sur les résultats des sondages de victimation comme le signalait régulièrement l’ONDRP. C’est pourquoi il me paraît nécessaire de rappeler qu’aux USA, au moment des sondages du CDC précédemment présentés, il y avait un débat public concernant la définition légale du viol. Il s’agissait de savoir s’ils devaient inclure les hommes ou non, il y avait donc une sensibilisation passive et involontaire à destination des hommes victimes, ce qui leur a certainement permit de mieux conscientiser et de mieux répondre aux sondages à ce moment là. Je propose donc très sérieusement aux féministes de ne parler de ces sujets que de façon non-genrée, de façon parfaitement inclusive, et ce, pendant plusieurs années. Je n’attends même pas un réel traitement égalitaire dans tous les aspects, simplement dans le discours public et dans la sensibilisation. Ma proposition ne représente aucun surcoût. Elle est égalitaire, anti-sexiste et est bénéfique aux victimes. Pour quelle raison les féministes pourraient refuser ouvertement ou être réticents à appliquer cette proposition ?

En France, le rapport de 2012 de l’ONDRP précise que « les campagnes médiatiques ont un impact sur les volumes d’appels qui augmentent manifestement ». Les appels à la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) ont tout logiquement augmenté sensiblement le 8 mars 2011, le 26 Juillet, le 25 Novembre et du 14 Novembre au 24 Décembre. Une large campagne médiatique a été mise en place et pour l’occasion en cette fin d’année 2011. Le 39 19 qui s’intitulait auparavant « 39 19 – Violences conjugales Info » était alors désigné comme « 39 19 Violences Femmes info ». Si la volonté d’exclure les hommes n’était pas claire, j’espère que c’est chose faite. Néanmoins, l’initiative a été très efficace pour les femmes victimes. L’inclusion claire et explicite des femmes (pourtant la démographie la plus incluse culturellement) jumelée à une sensibilisation efficace a permis de traiter plus de 7 000 appels en Novembre et près de 7 500 appels en Décembre, contre 2 500 à 3 000 d’ordinaire. Non seulement il n’existe aucune campagne visant les hommes victimes ou les incluant, mais en plus certaines tendent à les exclure plus qu’ils ne le sont déjà. Dans un tel contexte sociétal où les fers de lance de la défense des victimes de violences sexuelles éprouvent un tel mépris pour les hommes victimes, rechignent d’une telle puissance à inclure les hommes victimes voire mettre toute leur énergie à les exclure explicitement ou les occulter discretement, comment est-il possible de prendre au sérieux les ratios de victimation ? D’autant que ces sondages sont au mieux simplement complaisant vis-à-vis du féminisme (CVS) voire carrément féministes (VIRAGE). C’en est même surprenant qu’autant d’hommes répondent qu’ils sont victimes de violence à ce stade…

Théorie du ruissellement

On nous rétorque parfois que le féminisme aide bel et bien dans le sens où combattre le patriarcat et se battre pour les femmes, c’est par extension se battre pour les hommes. C’est clairement la théorie du ruissellement. Enrichir les plus riches profitera aux moins riches. Aider les plus aidés profitera aux moins aidés. Au risque de choquer, en matière d’aide aux victimes, les femmes sont les privilégiées. Ça ne signifie absolument pas qu’elles ont trop d’aide, ou même qu’elles en ont assez. Simplement que relativement aux hommes victimes et aux ressources à disposition, elles reçoivent de l’aide de manière disproportionnée par rapport aux hommes. La mention de la théorie du ruissellement n’en est qu’une manifestation. C’est une approche de privilégié qui souhaite garder ses privilèges en promettant monts et merveilles à celui qui est dans une situation d’oppression.

Il en va de même pour le cas des violences conjugales et sexuelles et cette approche rejoint celle du « ça s’annule ». Si les hommes peuvent être victimes, mais seulement de la main d’autres hommes, alors combattre la classe sociale “les hommes”, c’est aussi aider cette classe sociale. L’homme victime doit donc accepter tous les travers (jusqu’à la misandrie) et on attend de lui qu’il soit reconnaissant.

Une illustration

Au sein de l’étude des violences conjugales, la violence des femmes est amoindrie. Ce n’est que pour se défendre ou pour rire que les femmes frappent, ce n’est pas sérieux. Je vais m’attarder sur ce point étant donné qu’il est énormément pris au sérieux en France, on le retrouve jusque dans les rapports VIRAGE de l’Ined. Les hommes déclarent moins être en situation de détresse que les femmes quand ils subissent des violences. Ils déclarent des violences moins graves par ailleurs. Ceci sert de justification pour défendre l’idée que la violence des femmes à l’encontre de leur conjoint est triviale. Or, les féministes n’ont-ils pas théorisé le système patriarcal réduisant les émotions (notamment les craintes et autres marques de faiblesse) au silence ? Encore une fois, l’aide hypothétique des féministes via leur diverses théories soulevant des difficultés touchant les hommes, n’est qu’un discours d’aide, pas une aide réelle. Vous trouverez des féministes qui parlent de cette difficulté supplémentaire qu’ont les hommes, la fameuse masculinité toxique. En revanche, dès qu’il s’agit d’appliquer cette notion pour autre chose que diaboliser les hommes et la masculinité, mais au contraire montrer leur part d’humanité et de faiblesse, un silence assourdissant prédomine.

Le plus ironique, c’est qu’en plus d’avoir conscience de ça, si nous tenions le même discours, nous serions qualifiés de misogyne et de « mascu ». En effet, les femmes aussi considèrent en grande partie que les violences (conjugales ou sexuelles) qu’elles subissent ne sont pas graves. Ainsi, quand on lit le rapport de 2019 de l’ONDRP, à la page 84, on peut lire que parmi les victimes de violences sexuelles hors-ménage qui ne sont pas déplacées porter plainte, près de la moitié (45%) invoque comme raison « Ce n’était pas grave ». Rapporté à l’ensemble des victimes, 40% déclarent que ces violences n’étaient pas graves. Houra ! Si on suit la logique féministe, on peut quasiment diviser par deux le nombre de réelles victimes de violences sexuelles hors-ménage ! Plus sérieusement, c’est complètement ridicule. Quand on sait qu’un si grand nombre de femme déclare la même chose que les hommes, on comprend immédiatement que cette métrique n’est pas pertinente. Ceci en dit long sur notre impossibilité à prendre au sérieux la victimisation d’un homme, mais aussi de notre propension à positionner la femme en victime. En réalité, ceci nous montre plutôt la fréquence à laquelle la victime considère l’acte comme trivial pour aller de l’avant.

On retrouve la même chose pour les victimes de violences conjugales. Le pourcentage serait de 59 à 36% (respectivement si la victime cohabite toujours avec son conjoint violent ou non). Rapportées à toutes les victimes, on 46 à 28% des victimes qui considèrent que les violences conjugales qu’elles ont subit ne sont pas graves.

II) L’attaque envers la défense des hommes

Au-delà de cette non-défense des hommes victimes, quel est le rapport plus général des féministes à la défense des hommes ?

Sophisme du Vrai Écossais

Il peut y être défavorable. Cette frange du féminisme concerne les « féminazies », les « féministes extrémistes », les « fausses féministes ». Ce sont les féministes les plus actives, les mieux renseignées sur le féminisme aussi. Elles ne font face à aucune opposition ni condamnation significative de la part du reste du mouvement féministe. Au contraire en fait. Le plus généralement, les actions sont tolérées et le reste du féminisme profite des fruits de ce combat extrémiste. Tout au plus, on entend une désapprobation de la part de l’ensemble non-extremiste du mouvement quand on leur dirige des critiques. Toute remise en question des non-extremistes est impossible puisque toute critique à destination du féminisme est perçue comme étant en réalité une critique de ces « féminazies », de ces « féministes twitter ». Étrangement, les incels, les MGTOW ou « l’androsphère » plus généralement ne bénéficie pas d’un tel traitement de faveur. Au contraire, là, définir ces ensembles via leurs extrêmes serait tout à fait pertinent et justifié. Admirez donc l’hypocrisie dans sa forme la plus pure.

Comme pour les précédents articles, les défenseurs du féminisme seront tenté de formuler là encore le sophisme du vrai Écossais. C’est pourquoi je tiens à rappeler que si, ces personnes desquelles vous souhaitez vous détacher sont bel et bien féministes. La haine des hommes, le combat contre le droit des hommes, etc. n’est pas orthogonal à la lutte antipatriarcale. Au contraire même, on sait qu’elle peut y être tout à fait parallèle. En effet, si un féminisme considérait que la condition des hommes est ce qu’elle est du fait de privilèges qu’on ne pourrait transférer aux femmes, alors la seule solution pour atteindre l’égalité serait d’abaisser le niveau et/ou de retirer des droits aux hommes. Dominique Meurs, qui n’est absolument pas une « féminazie » ou quoi que ce soit du genre, considérait en 2 000 par exemple que la moitié de l’écart des salaires résiduel consistait en une sur-paie des hommes. L’égalité passerait donc par une hausse du salaire féminin et une baisse du salaire masculin.

C’est précisément l’un des discours tenus régulièrement quand on reproche à certains féministes une vendetta envers les hommes. « C’est parce que les hommes voient le monde du point de vue de privilégié qu’ils voient l’égalité comme un abaissement injuste de leur niveau de vie » diront-elles.

Quelques exemples concrets

On peut citer le G-E-S. Il a fait face à un mur. Leurs tentatives ont été rejetées par des élues à cause de ces « fausses féministes ». Ou étaient les vraies féministes du coup ? Admettez qu’il est assez aisé de se revendiquer d’un mouvement dont on ne connait que peu de choses, tout en restant vautrée sur son canapé histoire de se donner bonne conscience et de se sentir impliqué politiquement, pendant qu’en parallèle les réelles représentantes du mouvement déversent leur haine et portent atteintes à des victimes.

Un autre cas très connu est celui d’Erin Pizzey. Dans les années 70 en Angleterre, elle a ouvert le premier refuge pour femmes battues. Très impliquée dans ce refuge, elle s’est rendu compte qu’en réalité, beaucoup de ces femmes battaient leur mari (sans que ce soit de la légitime défense bien sûr). Face à ce constat de violences réciproques, elle a émis l’idée d’un refuge mixte. Blasphème ! Ses collègues et amies féministes lui ont envoyé des menaces de mort, à elle et sa famille. Elle a dû se réfugier aux USA suite au meurtre de son chien. Vous connaissez beaucoup de réfugiés politiques provenant de l’Angleterre ?

III) L’attaque envers les hommes victimes

Les violences sexuelles

On pourrait aussi aborder le cas d’Emmanuelle Piet, qui défendait notamment devant la Commission des Lois que les garçons violés se “réactivaient” en violeur. Son cas a été traité au sein de la vidéo suivante. Jugez par vous-même comment réfléchit l’une des féministes les plus influentes, éminentes et respectées de France. L’amendement qui en résultant et qui inclue maintenant les hommes violés par des femmes constitue l’une des seules manifestations d’une aide féministe à destination des hommes. Voyez-en l’origine. En réalité, on retrouve ce schéma constamment, pour la défense du congé paternité par exemple, qui est bien plus une volonté d’égaliser les salaires que de renforcer la légitimité du rôle du père et d’aider les pères à jouir pleinement de leur parentalité.

Piet n’est pas une exception, un mouton noir, mais représente la norme de ce qui fait dans les théorisations féministes. Mary P. Koss par exemple est l’une des chercheuses traitant du viol les plus éminentes au monde. Elle est bien évidemment féministe. C’est notamment elle la première à avoir mené une étude nationale à large échantillon pour estimer la prévalence des viols aux USA. Elle est régulièrement consultante pour le CDC aussi et a été entendue en tant qu’experte par le Sénat américain au sujet des violences faites aux femmes. Au total, elle rédigera près de 150 publications apparues dans des revues à comité de lecture et dirigera 10 projets de recherche financé publiquement (dont des sondages nationaux). Koss disait en 1993 dans Detecting the Scope of Rape : A Review of Prevalence Research Methods à quel point il était important de cantonner la définition du viol aux cas où c’est un homme qui commet le viol :

« Although consideration of male victims is within the scope of the legal statutes, it is important to restrict the term rape to instances where male victims were penetrated by offenders. It is inapropriate to consider as a rape victim a man who engages in unwanted sexual intercourse with a woman. »

Vous trouverez ce même comportement y compris chez des féministes très critiques du féminisme troisième vague en la personne de Cathy Young par exemple. Celle-ci se revendique féministe bien que certaines féministes radicales la considèrent anti-féministe. Je vous laisse juger par le titre de l’un de ses livres qu’elle ne correspond absolument pas à une “féminazie” : Cessez-le-feu! Pourquoi les femmes et les hommes doivent unir leurs forces pour parvenir à une véritable égalité. Dans un article pour le prestigieux Time, elle critiquait l’alarmisme des féministes qui reprenaient les chiffres du CDC décrits dans le troisième article. Selon Young, les hommes “forcés à pénétrer” dont nous avions parlé ne seraient pas de réelles victimes de viol. Elle justifie sa position en prétendant aussi qu’au fond, ces hommes étaient simplement alcoolisés au moment des faits et même s’ils n’avaient pas été consentants en étant sobres, donc c’est pas vraiment un viol. Or les pourcentages de victimes alcoolisées sont similaires (à sa décharge, ces pourcentages ne sont disponibles que dans une publication ultérieure à l’article de Young).

Sans réelle surprise vous en conviendrez, elle profite de clichés patriarcaux et des difficultés masculines à se définir comme victime de viol pour appuyer son propos :

It is safe to assume that the vast majority of the CDC’s male respondents who were “made to penetrate” someone would not call themselves rape victims—and with good reason.

The CDC’s Rape Numbers Are Misleading, Cathy Young, Time (2014)

Violences conjugales

On retrouve des comportements similaires au sujet des violences conjugales. Les féministes agiront selon un schéma très précis et infaillible.

  • Faire un sondage à destination des femmes et s’en servir pour insister sur la victimation plus grande des femmes par rapport à celle des hommes, sans avoir sondé les hommes.
  • Corriger ça, interroger les hommes, mais de manière biaisée en ne posant pas les mêmes questions aux hommes et aux femmes pour optimiser des résultats compatibles au discours victimaire féministe.
  • Face à une victimation masculine comparable à une victimation féminine, justifier la violence féminine en distinguant alors violences conjugales banales et terrorisme patriarcal.
  • N’interroger que des femmes pour défendre l’idée que seules les femmes subissent du terrorisme conjugal.

Pour plus de détails, je vous renvoie plutôt vers cette vidéo :

Les rares exceptions

Vous trouverez à l’occasion des féministes tentant réellement d’aider les victimes de sexe masculin, Lara Stemple et Murray Straus en sont deux des exemples les plus connus, mais force est de constater que ce ne sont que des exceptions dont la portée est limitée pour ne pas dire nulle. Straus a été ostracisé malgré son éminence au sujet des violences familiales (au sein desquelles on distingue les violences conjugales). Steinmetz fut harcelée. À l’inverse, croyez -vous que Piet, Koss, Johnson (terrorisme patriarcal) et tous les autres ont subi ce même traitement ? Non, ils ont poursuivi leur carrière en continuant d’être toujours plus respectés. Le fait que certains falsifient leurs données, tronquent leurs publications ou mettent en place des méthodologies volontairement biaisées et grossièrement misandres ne leur a valu que des ovations de la part de la communauté des sciences sociales gangrénée par l’idéologie féministe.

Conclusion

La réalité c’est qu’on a l’impression que les violences conjugales et sexuelles sont le fruit d’une domination physique, alors que c’est bien souvent pas le cas. Le cliché de la jolie femme qui se fait agresser tard le soir dans une ruelle sombre par un inconnu détraqué est un cliché qui ne représente pas la réalité du viol. La majorité des viols sont commis par des connaissances et par coercition psychologique. Les féministes le savent et sont même à l’origine de ces connaissances, mais limitent à dessein cette “déconstruction” des clichés patriarcaux aux femmes à des fins politiques et idéologiques.

Si la domination n’est pas physique, mais psychologique, alors rien n’empêche la victimation masculine d’égaler la victimation féminine. Le fait de vivre dans un patriarcat n’y change rien, au contraire ! Les clichés virilistes sont justement un levier permettant à la femme violente d’enfermer sa victime dans le silence. « Fais-moi l’amour ou je joue les demoiselles en détresse et prétends que tu me bats », « ne te défends pas quand je frappe sinon tu vas devoir montrer à tout le monde que tu te fais battre par ta propre femme », « ne va pas porter plainte sinon je dis à tout le monde que tu agresses les enfants et tu n’auras jamais leur garde ni ne pourras leur rendre visite ». Les femmes ne sont ni faibles, ni soumises, ni passives. Croire qu’elles le sont sous prétexte que nous vivrions dans un patriarcat, c’est juste de la misogynie patriarcale.

Parmi les féministes, il existe une idée très répandue selon laquelle les ‘mascus’ ne parlent des hommes victimes que par opposition au féminisme. Ils se serviraient des hommes victimes comme d’un argument pour justifier leur anti-féminisme misogyne plutôt que par sincère volonté de défendre des victimes de sexes masculins jugées exclues injustement. J’espère vous montrer que c’est précisément parce que les féministes ne parlent des hommes victimes que quand on leur rappelle qu’elles ne sont pas le nombril du monde qu’elles ont cette amère impression. Elles parlent des hommes victimes uniquement quand des mascus le leur en parlent, du coup elles ont l’impression que les mascus leur en parlent uniquement lors de ces échanges. Finalement, j’ose espérer aussi qu’à l’issu de ce troisième article portant sur la victimation masculine, vous conclurez comme moi qu’on ne peut défendre efficacement la cause des hommes victimes sans s’opposer au féminisme.

Article suivant

L’article suivant clora toute la partie relative à la victimation en abordant le cas de la victimation entre femmes. C’est un domaine de la victimation très peu étudié. J’espère ainsi vous montrer que cette opposition au féminisme est aussi nécessaire en ce qui concerne une partie de la victimation féminine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *