La journée internationale des droits des femmes

Bonne journée, mesdames ! Aujourd’hui est le 8 mars, la journée internationales des droits des femmes. A cette occasion, profitons-en pour faire un petit tour d’horizon sur l’évolution du statut de la femme depuis le siècle dernier jusqu’à nos jours et l’acquisition de ses droits.

Le droit de vote des femmes

Bien que la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ne soit rédigée par Olympe de Gouges en 1791, le premier droit obtenu par les féministes qui vient à l’esprit de toute personne parlant des droits des femmes est le droit de vote. Au XIXème siècle, le droit de vote était alors considéré comme étant le droit de vote du foyer. L’affaire politique n’étant pas tant une affaire d’hommes qu’une affaire de famille.

En 1903, la “Women’s Social and Political Union” (“Union Sociale et Politique des Femmes”) est créée au Royaume-Uni, à Manchester. Les fondatrices, Emmeline, Sylvia et Christabel Pankhurst seront les premières féministes que l’on connaîtra sous le nom de “sufragettes”.

Loin d’être de pacifiques militantes opérant sur twitter ou brandissant des pancartes lors de manifestation face au gouvernement, les suffragettes se sont fait connaître par des actes de vandalisme, de sabotage et même de terrorisme. Briser des vitrines, saboter des réseaux électriques et poser des bombes, tels sont les actes qui ont mené au droit de vote des femmes, ce mouvement qui est tant réputé pour n’avoir jamais tué personne. Certes, les sufragettes n’étaient pas toutes des féministes radicales mais l’Angleterre fut davantage choquée par les actes des féministes radicales que par les féministes modérées. On citera par exemple l’attentat à la bombe de 1913, commis au domicile du Premier ministre David Lloyd George.

En France, le droit de vote des femmes a été acquis beaucoup plus tard, le 21 avril 1944, soit 152 ans après le suffrage universel masculin et dans le contexte de la fin de la seconde guerre mondiale. C’est Fernand Grenier, résistant de la seconde guerre mondiale et dirigeant du Parti communiste français qui signa l’amendement.

Le droit des femmes de travailler

Il convient de préciser que les femmes ont toujours travaillé au même titre que les hommes. Bien sûr, on pensera au rôle de mère au foyer qui constitue un travail à plein temps ayant tout son mérite propre. Mais les femmes avaient également le droit de travailler en dehors du foyer : durant l’histoire, au XIIIème siècle par exemple, il existait déjà des femmes médecins. De la même façon, Marie Curie reçut le prix Nobel de physique en 1903 et le prix Nobel de chimie en 1911, bien que le prix Nobel de physique fut partagé avec son époux Pierre Curie ainsi qu’Henri Becquerel. Ce qui constitue donc un droit que le féminisme ne leur a pas offert mais dont elles ont toujours disposé sans y être forcé. On se retrouve également devant l’un de leurs énièmes paradoxes voulant faire cohabiter à la fois l’idée que les femmes scientifiques ont toujours existé et contribué à la recherche mais que les femmes n’avaient pas accès au monde du travail avant le XXème siècle.

Certes, l’accès à certains types de professions n’étaient pas uniformes au cours de l’histoire mais, néanmoins, le droit de travail dont les féministes revendiquent la victoire est tout autre : Il s’agit de la loi du 13 juillet 1965 qui assure aux femmes mariées de pouvoir exercer d’un métier séparé sans l’autorisation de son mari.

En 1946, le préambule de la constitution précise que « La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme » ce qui entraîne le 30 juillet la notion de salaire féminin. Ce dernier était utilisé depuis le XVème siècle, comme représentant la moitié du salaire masculin. Les femmes sont donc, comme les hommes, rémunérées de façon théoriquement égales pour un travail égal.

A l’heure actuelle, la plupart des féministes se battent pour réduire l’écart des salaires alors qu’on sait depuis longtemps que ce dernier n’est pas vraiment causé par du sexisme et la justification au nom de l’égalité se fait au détriment de l’égalité des chances, privilégiant l’approche de l’égalité des résultats ce qui constitue une vision de l’égalité moins facile à accepter pour la population de façon générale.

L’autorisation légale des femmes à ouvrir un compte en banque

Le 13 Juillet 1907, les femmes mariées peuvent disposer librement de leur salaire. Ce n’est qu’en 1965 que les femmes peuvent alors ouvrir un compte en banque sans dépendre de leur mari, de la même façon qu’elles peuvent travailler sans l’autorisation requise de leur mari.

La dépénalisation légale de la contraception & de l’avortement

Faisant parti des droits les plus récents, la loi Neuwirth autorise, le 19 décembre 1967, la contraception, y compris orale. Cette loi vint abroger la loi du 31 juillet 1920, qui interdisait à la fois la contraception mais également l’information sur les moyens de contraception. Cette loi permit ainsi aux femmes et aux hommes d’avoir en théorie le contrôle sur leur fécondité du moins à titre préventif. Et ce, bien entendu, dans le cas où la contraception fonctionnait.

Le 5 avril 1971, le journal Le Nouvel Observateur publia une pétition comportant 343 signatures de femmes déclarant avoir recouru à l’avortement. Il sera connu sous le nom du manifeste des 343 salopes. Suite à ce dernier, l’avortement, qui était alors illégal, des poursuites judiciaires furent enclenchées et un appel à la dépénalisation de l’avortement fut lancé.

Le 17 Janvier 1975, la Loi Veil dépénalise l’interruption volontaire de grossesse, permettant ainsi aux femmes d’avoir un moyen supplémentaire de contrôler leur fécondité bien que le vote ait fait l’objet de débats houleux et suscité des réactions comme celles de Jean Foyer ainsi que d’autres contestations de l’opposition.

N’en doutez pas : déjà des capitaux sont impatients de s’investir dans l’industrie de la mort et le temps n’est pas loin où nous connaîtrons en France ces “avortoirs”, ces abattoirs où s’entassent des cadavres de petits hommes et que certaines de mes collègues ont eu l’occasion de visiter à l’étranger.

Jean Foyer (UDR), député du Maine-et-Loire de 1959 à 1988, première séance du mardi 26 novembre 1974.

Bien que l’autorisation légale de l’avortement soit défendue bec et ongles par les féministes, notamment comme on a pu le voir face au recul de cette loi aux états-unis, il convient toutefois de rendre à César ce qui est à César et de rappeler le discours historique qu’a adressé Simone Veil à l’assemblée lors de la présentation de son projet de loi :

Je le dis avec toute ma conviction : l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issues. Mais comment le tolérer sans qu’il perde ce caractère d’exception, sans que la société paraisse l’encourager ?

Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme – je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes.

C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame.

C’est pourquoi, si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s’il admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour le contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme.

-Simone Veil, Discours de présentation du projet de loi devant l’Assemblée nationale, le 26 novembre 1974
L’article de Mad’Moizelle, site féministe sur des conseils visant à lutter contre l’idée reçue selon laquelle un avortement serait forcément traumatisant est une façon bien étrange de rendre hommage à la femme d’exception à l’origine de cette loi.

L’interdiction des mutilations génitales (féminines)

L’histoire des mutilations génitales féminines n’est pas originaire de France (ni d’aucun pays d’Europe) mais de pays d’Afrique. L’immigration africaine a importé cette pratique en Europe occidentale, en Amérique du Nord et en Océanie.

Depuis les années 1970, des actions internationales ont été menées pour mettre un terme à ces pratiques considérant, à juste titre, qu’elles violent les droits humains comme définis par les Nations Unies. La Suède fut le premier pays occidental à le faire en 1982.

La France est l’une des nations pionnières en matière de prise en charge des femmes excisées selon l’UNICEF. 53.000 femmes ayant ainsi été prises en charges sur 300.000 de femmes excisées dans le monde.

L’interdiction du viol conjugal

Selon le code pénal napoléonien, inscrit en 1810, le devoir conjugal implique que les couples doivent pratiquer des rapports sexuels réguliers au sein du mariage.

Ce devoir entrant en contradiction avec la notion de consentement, le devoir conjugal est ainsi questionné en même temps que le cas du viol conjugal. De la même façon, une faute ou une cause de divorce peut faire intervenir la notion de devoir conjugal.

Cependant, depuis la nouvelle définition du viol de 1980, la notion de devoir conjugale ne prévaut pas et sont alors reconnus comme viols les relations non consentantes au sein d’un couple marié.

Cependant, la présomption de paternité, de même que l’infidélité, n’est pourtant pas annulée, ce qui constitue un droit que tout homme pourtant devrait avoir : à savoir pouvoir faire reconnaître à coup sûr sa filiation avec l’enfant afin de ne pas élever l’enfant d’un autre.

Selon les lois en vigueur, vous n’êtes pas tenus d’exiger des relations sexuelles avec votre conjointe mais si cette dernière tombe enceinte d’un enfant, vous n’avez aucun droit de regard sur votre progéniture sans l’accord de votre femme. Donc, à tous les hommes, nous posons sincèrement la question : Quel intérêt avez-vous à vous marier ?

Conclusion

C’est indéniable, il y a du chemin parcouru par les femmes dans l’acquisition de leurs droits et de leur indépendance vis à vis du mari. Il est important, à l’heure actuelle, de se demander de quels droits exactement les hommes disposent et que les femmes n’ont pas. Car de ce point de vue-là, le féminisme a atteint ses objectifs et ne fait actuellement que les dépasser, cherchant à obtenir des privilèges pour les femmes (sur le remboursement par l’état des tampons, par exemple) ou amoindrir des droits dont disposeraient les hommes (par exemple retirer à l’homme la possibilité d’uriner debout en Suède).

Sans malice, nous tenons toutefois à faire remarquer qu’aucune femme ne disposait cependant des devoirs associés à de tels droits :

Les hommes pouvaient voter, certes, mais combien de femmes devaient aller à la guerre ?

Les hommes pouvaient travailler et avoir l’autorité sur la famille, certes, mais avaient-ils réellement le choix ou pouvaient-ils abandonner leur rôle de pourvoyeurs de ressources ?

L’arnaque du féminisme consiste à toujours exiger plus de droits sans exiger plus de devoirs aux femmes tout en retirant aux hommes des droits (qu’elles nommeront privilèges) sans alléger les responsabilités qui vont avec. La notion de droits associée aux devoirs est indispensable pour l’équilibre d’une nation. Karen Straughan avait notamment expliqué cela en parlant des privilèges féminins menaçant d’autres nations et occasionnant un retour de bâton. Nous rappelons donc, à l’occasion de cette journée une phrase prononcée par une féministe très célèbre :

N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant.

Simone de Beauvoir

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