Enterrement de vie de jeune père

Il ne serait pas surprenant que parmi vous se trouvent
quelques jeunes qui ont chéri secrètement le souhait de paternité.

paternité
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 De la progression vers la régression

  Maintenant que vous êtes en partie possesseur des clés de compréhension du monde qui vous entoure grâce à la Pilule rouge, vous comprenez les difficultés liées aux relations longues et au mariage. Dans ces conditions, la volonté d’être père s’en trouve grandement menacée: en effet, comment entrer dans la postérité si vous ne vous sentez pas les capacités de créer, de construire?

  Nous allons être honnêtes, nous ne sommes pas nécessairement de grands poètes, peintres et musiciens du XIXe qui ont su transcender leur frustration sexuelle, relationnelles et affective en la canalisant sur un papier, une toile ou une partition. Cette transcendance a d’ailleurs révélé le génie qui les caractérise. Ne soyons pas présomptueux en se comparant avec l’élite, être un homme c’est aussi reconnaître ses forces et vulnérabilités pour agir en conséquence.

  En ces temps modernes, dépourvus de talents donnant accès aux possibilités d’accéder à la postérité, il est légitime que des hommes envient ces femmes qui ont la capacité intrinsèque de procréer tandis que nous n’avons que l’acquis pour construire. Il leur suffit d’écarter les jambes (en dehors de tout dysfonctionnement médical) pour hulahup barbatruc !  un mouflet.
Blague à part, peu sont les personnes qui s’interrogent sur leur postérité, sur quelle trace vont laisser dans cet univers, pour d’autres c’est le tourment d’une vie.

 Transmettre son patrimoine intellectuel

 Malgré la Pilule rouge, on ne peut changer le monde. Car comme disait Morpheus le sage:

“[…] C’est avec leur esprit qu’on communique pour essayer de les sauver, mais en attendant, tous ces gens font quand même partie du système. Ce qui fait d’eux nos ennemis. Ce qu’il faut que tu comprennes, c’est que pour la plupart ils ne sont pas prêts à se laisser débrancher. Bon nombre d’entre eux sont tellement inconscients et désespérément dépendants du système, qu’ils vont jusqu’à se battre pour le protéger.”

  Vous l’aurez compris, pendant que le manque d’espoir en l’humanité vous ronge, voici que l’idée saugrenue de paternité vous survient, si elle n’était pas déjà présente. Après tout, vous ne pouvez partager ce savoir si précieux avec votre entourage trop ancré dans la matrice, alors qu’avec votre progéniture vous auriez la possibilité de transmettre, de léguer votre patrimoine intellectuel et culturel.

  Cet héritage constitué et transcendé avec la Pilule rouge globale vous permet d’être clairvoyant, faire de meilleurs choix, prendre mieux soin de vous, voir arriver les catastrophes annoncées et agir dans le bon sens. Alors c’est vrai en tant que MGTOW, l’intérêt est principalement axé sur votre propre personne, mais vous conviendrez qu’il est plus agréable de vivre dans un entourage avec lequel vous pouvez être sans masque social, droit et sans gêne avec vos convictions.

  Et encore, je ne vous ai même pas parlé du bonheur durable d’élever votre “Minimoi”, assouvir votre instinct de transmission de vos gènes. C’est le moyen apparent le plus simple d’entrer dans la postérité, laisser votre trace dans l’histoire, de vous dire “J’ai existé”.

Minimoi
Verne Troyer & Mike Myers, Austin Power Goldmember. 2002

 Néanmoins il est clair que cela ne concerne pas tous les Mgtows, nombreux sont ceux qui ont déjà donné ou dont l’esprit n’a pas été traversé par la question. Au même titre que ces femmes adeptes du Manège à queues, les Dragueurs et Dresseurs qui jouissent des plaisirs sans rien bâtir risquent à un moment T de se faire biffler par la réalité. L’ univers viendra toquer à leur porte sans prévenir pour leur rappeler la vacuité de leur vie, n’y voyez aucun jugement de valeurs, il s’agit là d’avertir sur cette éventualité.

“Nous n’augmentons pas notre vertu en nous livrant à la jouissance. La postérité nous le comptera comme une faute.”
– Lie Zi ou Vrai classique du vide parfait

 Donc si vous ne faites pas parti des jouisseurs, vous vous êtes probablement confrontés aux difficultés exponentielles et non-exhaustives d’accès à la paternité.

Une impossibilité contextuelle

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 J’ai essayé d’y songer avec chacune des mes ex-partenaires, mais en plus d’être instables et immatures pour leur âge pourtant avancé, elles n’avaient pas la même conception d’une relation sérieuse. Dans leur logiciel, une relation sérieuse ne se résume qu’a une relation fidèle (on connait parfaitement ce concept à géométrie variable d’ailleurs), tandis que dans le mien, moi qui suis enfant des années 80, il consiste à bâtir une relation solide et durable, bâtir un sanctuaire nommé foyer dans lequel mes futurs enfants pourraient grandir dans un environnement sain et bénéficier d’une bonne éducation. Il m’est capital de ne pas faire vivre à mes enfants la douleur d’une séparation.

 J’ai essayé de me concentrer professionnellement afin d’augmenter mes ressources, poursuivre mes études afin d’atteindre un salaire plus que raisonnable pour me permettre d’avoir des enfants. Mais le coût de la vie, l’inflation et le gel des salaires étant explosifs, le projet de paternité devient de plus en plus inaccessible.

 J’ai essayé de rechercher un logement au préalable pour me permettre d’accueillir ma progéniture, mais les prix de l’immobilier monstrueux rendent l’accès au logement particulièrement ardu, et ce malgré un nombre record de logements vide en France et en Europe.

 Je veux essayer, mais les fraudes à la paternité m’effrayent légitimement. Ce concept pernicieux où les femmes font passer le fruit d’une infidélité prolongée comme votre propre progéniture est particulièrement déshonorant et humiliant pour un homme. L’État se rend complice en verrouillant judiciairement les tests de paternité. Pire, dans ce système gynocentré, même si vous découvrez le pot-aux-roses vous serez condamné à vie, à devoir assumer, loger, nourrir, payer une pension alimentaire pour un enfant qui ne vous appartient pas, un enfant pourtant innocent mais symbole de votre crédulité cornue.

 Je veux essayer, mais le droit des pères est quasi-inexistant dans ce système judiciaire français où même le montant minimum de pension alimentaire fixé par la loi est moins élevé pour les femmes que pour les hommes. Sans oublier de parler des prestations compensatoires et des pensions de réversion. Non content d’avoir élevé votre dinde au bon grain sans pouvoir la fourrer, vous pouvez être condamné à devoir lui payer une allocation pour maintenir sont bon train de vie.

 Je veux essayer, mais quand vous perdez le respect de votre conjointe, invectives/insultes/coups peuvent commencer à pleuvoir. La maltraitance des hommes avec la complicité de l’État (essayez d’appeler la police parce que votre conjointe est violente, il y a de grandes chances qu’ils vous embarquent au poste, en laissant la femme avec les enfants s’il y en a). Un sujet tabou qui détruit et tue.

 Je veux essayer, mais vos enfants seront votre talon d’Achille. Leur mère à tout moment n’hésitera pas à s’en servir contre vous, comme monnaie d’échange, de vous en limiter voire interdire l’accès, vous mettre à genoux en face de la menace d’une fausse accusation de maltraitance voire de viol.

 Je veux essayer, mais les gardes d’enfants sont majoritairement confiées à la mère dans le cadre où les deux parents en font la demande. Même dans les cas où son incapacité à s’en occuper est avérée au détriment des enfants; ce qui accentue les statistiques sur la maltraitance infantile voir les infanticides.

 Je veux essayer, mais il y a beaucoup trop d’obstacles qui vous dissuadent ou vous barrent l’accès à la paternité.

  Les féministes s’extasient sur les potentielles avancées technologiques de l’utérus artificiel et autre fausse poitrine pour allaiter destinée aux hommes (quitte à modifier dangereusement l’équilibre hormonal). Avec leur comportement exécrable, la frustration, la misère sexuelle et affective générée à échelle industrielle par cette société capitaliste gynocentrée explose.
Elles tentent lamentablement de diaboliser le concept de maternité ou le désir des femmes qui veulent être mère. Elles perdent une de leur seule et rare utilité qu’elles sont les premières à vouloir rejeter: donner la vie.

 Face à toutes ces difficultés, trouver une alternative n’est pas chose aisée. L’expatriation dans une société plus favorable à une paternité plus sûre reste possible, mais cela est un procédé qui nécessite des ressources et beaucoup de cran, ce qui n’est pas accessible à tous.

Reste-il une alternative mêlant l’utile à l’agréable?

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 De grandes pressions sociales à peine considérées

 Essayant de lâcher prise, je m’interroge tout de même sur l’adoption. Pour une femme, adopter seule c’est possible et bien vu, mais pour un homme c’est autre chose. À l’heure où la reconnaissance des viols et agressions sexuelles commis par des femmes est quasiment inexistante, il en est autrement pour les hommes menacés en permanence par le spectre de la présomption de pédophilie. Tout ceci alors qu’un enfant serait bien mieux avec un bon père plutôt qu’à l’orphelinat où ils seront lâchés dans la nature à leur majorité, sans repères, grossissant davantage les chiffres des sans abris et/ou de la criminalité.

 L’adoption d’un enfant par un homme seul est quasiment impossible, c’est une voie sans issue.

Deuil

 Faire son deuil

 Malheureusement pour vous, je n’ai pas encore de formule magique ni de recette miracle pour achever le deuil de vos rêves de paternité. Le chemin est long et sans soutien. Néanmoins ce qu’il vous en coûtera en France si vous vous lancez dans une telle entreprise, vous servira de piqûre de rappel et vous aidera à vous en faire passer l’envie. Être père est une chose merveilleuse lorsque l’on a parfaitement conscience des responsabilités que cela implique.
Mais on aura beau essayer, une fois de plus le jeu n’en vaut plus la chandelle, les risques sont énormes.

 N’hésitez pas à développer votre créativité, à construire des choses simples: bricolez, jardinez, écrivez… mais ne restez pas dans l’oisiveté. Pour ma part, j’ai encore du chemin à faire. Les animaux de compagnie peuvent paraître comme un pansement sur une jambe de bois et pourtant ils sont capables d’amour inconditionnel. Rapprochez-vous entre amis, entre potes, n’ayez pas honte de ressentir une telle envie. 

Pour ma part je continue de parachever le deuil de feu mon rêve le plus cher, mais d’ici là trinquons à notre enterrement de vie de jeune père.

 

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