Pourquoi les violences conjugales contre les hommes sont tabou ?

A l’occasion du Grenelle des violences conjugales, l’ONDRP nous apprend que la population française entend de plus en plus souvent parler de violences intrafamiliales. Pourtant, le cas particuliers des hommes victimes est rarement abordé dans les médias…

Des chercheurs qui cachent la poussière sous le tapis…

Des sociologues comme Francis Dupuis-Déri, Daniel Werzer-Lang ou encore Lucie Jouvet-Legrand minimisent régulièrement la chose. Pour reprendre les mots de cette dernière, les violences conjugales contre les hommes relèvent du “fait divers exceptionnel, qui déforme sous le prisme médiatique la représentativité des faits”. Les statistiques sur le sujet ne seraient d’ailleurs pas fiables (voir la note n°23 de son article). L’enquête Cadre de Vie et Sécurité du Ministère de l’Intérieur et ses 80 000 victimes masculines ne vaut rien, pas plus que la note de l’ONDRP sur les plaintes en Police et Gendarmerie face à la “violence symbolique” de Pierre Bourdieu…

Banaliser des situations de violence en les rangeant dans le tiroir des scènes de ménage tout en niant leurs singularités sexistes, c’est adopter une perspective dangereuse visant à victimiser les auteurs et à culpabiliser les agressées. Cela ne fait que brouiller davantage les responsabilités et ralentir un long travail de reconstruction pour les femmes qui en sont avant tout les premières victimes.

Lucie Jouvet-Legrand – Violences conjugales : une montée du courant masculiniste ?

Dans la logique des sociologues (comme dans celle des féministes bizarrement, on en viendrait à se demander si ces deux ensembles sont vraiment disjoints…) les violences conjugales ne se produisent pas pour cause de dispute. Non, le mal vient de plus loin ! En fait, il s’agit d’un témoignage de la domination masculine sur les femmes. Domination qui s’exerce partout et que les violences contre les hommes ne doivent pas réfuter.

Ainsi, dénoncer des violences conjugales contre les hommes participerait à la négation de la domination masculine en vue de la pérenniser. Bref, que Marie-Georgette, féministe à ses heures perdues, s’indigne que 220 000 femmes soient concernées par les violences conjugales, c’est normal. Que Jean-Michel ose une pensée pour les 80 000 hommes touchés et il se classera automatiquement parmi les misogynes dominateurs.

Deuil

La kryptonite des féministes

La problématique des hommes victimes dérange les féministes depuis longtemps. On peut, par exemple, penser à la militante Erin Pizzey, connue pour avoir fondé le premier refuge pour les victimes de violences conjugales au Royaume-Uni. Son refuge, initialement mixte, a été transformé en refuge pour “femmes battues” sous la pression des féministes. Madame Pizzey a depuis rejoint des groupes anti-féministes.

I have never been a feminist, because, having experienced my mother’s violence, I always knew that women can be as vicious and irresponsible as men…

Erin Pizzey

Au minimum, les féministes trouvent gênant que des hommes prennent un peu d’espace médiatique. Une émission du service public sur les hommes battus a récemment disparu pour causes de… et bien de “raisons internes”. Voyez plutôt.

Sans verser dans le complotisme de bas étage, il est légitime de se demander si la vidéo n’a pas été supprimée par idéologie féministe. L’ironie de la situation est à noter puisque cette vidéo prétendait justement briser le tabou des hommes battus !

Un hold-up victimaire

Si au moins deux tiers des victimes sont des femmes, c’est un problème de femmes. Pour 30% de victimes masculines, les féministes ne voient aucun inconvénient à oublier les hommes concernés par ces violences. On ne parle d’ailleurs plus que de “violences contre les femmes” ou de “violences faites aux femmes”. Pour 2,1% de femmes travaillant dans le gros-oeuvre du BTP en revanche, les féministes nous parlent d’invisibilisation des femmes à cause de la mention “Men at Work” (“hommes au travail”, que le français rend par le plus neutre “travaux en cours”), voir par exemple l’article du Telegraph ou de Metro.

Encore un deux poids, deux mesures dont les féministes sont coutumières. Le sexisme ne frappe que dans un seul sens (au prétexte qu’il serait systémique). Les féministes ont ainsi réussi à détourner une problématique familiale et à lui attribuer une grille de lecture genrée.

En guise de conclusion

Aidée par le gynocentrisme et la pression du groupe, la narration féministe des violences conjugales s’est imposée. Pourtant, elle ne correspond pas à la réalité et ce décalage complique parfois la prise en charge des victimes de violences conjugales.

La violence des femmes est tout aussi réelle que la violence des hommes. Les deux violences peuvent prendre des formes différentes mais elles sont potentiellement aussi dévastatrices. Les féministes qui dénoncent à longueur de journée les rôles de genre, doivent en toute logique dénoncer la représentation idéalisée de femmes incapables d’une mauvaise action.

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