Alpha : penser le modèle masculin…

La notion d’homme Alpha est un véritable thème récurrent, en France comme à l’étranger. Le concept, qui fait figure de modèle masculin à suivre, est possiblement inspiré du livre Le Meilleur des Mondes (A. Huxley). Quelle que soit son origine, l’Alpha n’en finit plus d’être réinterprété en fonction des niches de l’androsphère. Petit tour d’horizon des définitions…

Concept d’Alpha et de Beta, et pourquoi c’est important.

De la même manière qu’il existe des classes sociales, il existe des classes d’hommes. Au sommet, on trouve les hommes dits Alpha, et en dessous on parle d’hommes Beta (voire en fonction des sources de Gamma, Sigma, Zeta etc). Pour cet article nous allons surtout explorer le concept d’homme Alpha, parce qu’il fait souvent figure d’aristocratie masculine.

Quel que soit le groupe masculin qui utilise la terminologie de l’homme “Alpha”, l’Alpha incarne et définit pour ce groupe un modèle, une aspiration, un idéal. Et aussi vrai que les modèles peuvent avoir une influence positive sur les hommes, il faut s’assurer de bien choisir son modèle.

Dans l’approche viriliste

Ne nous encombrons pas de nuances. Chez les virilistes, l’Alpha est un démiurge, une montagne de muscles de 2m qui suinte la testostérone et impose le respect au premier impertinent qu’il rencontre. L’Alpha est arrogant, vif, intrépide, parfois gouailleur et inconscient du danger, et après tout c’est un droit que son physique hors-norme lui donne.

Dans l’approche viriliste, l’objectif d’un homme est d’obtenir la validation (souvent musculaire) d’autres hommes. Et en celà, un homme Alpha est un homme qui a réussi parce qu’il s’impose aux autres. C’est typiquement celui qui a un rôle de meneur d’hommes dans les combats militaires. Il n’est pas forcément capable d’élaborer une stratégie très poussée mais s’il avance, ses hommes le suivront.

Ce qu’on peut reprocher à l’Alpha des virilistes : il est souvent imbu de lui-même et mal élevé. Il a tendance à se croire tout permis et à vouloir se battre pour tout et n’importe quoi… Il a de la fougue mais n’est pas un stratège.

John Cena vs. The Rock…

Dans l’approche PUA

L’Alpha des PUA (Pick-Up Artist ou “artiste de la drague” en français) est un homme à femmes, charmeur, adroit, il sait rendre une femme folle comme Solal dans Belle du Seigneur. Il s’entretient physiquement, il prend soin d’être bien habillé et de toujours dire ce qu’il faut au bon moment. Au point qu’on peut se demander parfois s’il ne porte pas un masque en permanence.

Chez les PUA, le succès d’un homme se mesure au désir qu’il inspire chez les femmes. Pour reprendre une expression désormais célèbre : l’Alpha baise la danoise, le Beta paye l’ardoise. En d’autres termes, l’Alpha inspire aux femmes un désir authentique tandis que le Beta a besoin de négocier le désir des femmes en l’achetant. L’Alpha dans sa relation aux femmes apporte une valeur désirable (son charisme, son physique, son assurance etc). Une femme cèdera donc volontiers à ses avances, quels que soit son statut social ou ses moyens financiers. De son côté le Beta cherche à acheter une valeur désirée (la femme) par des avantages ou de l’argent. Il aura toujours pour les femmes un rôle de pourvoyeur.

Ce qu’on peut reprocher à l’Alpha du PUA : il est superficiel, narcissique, incapable de se défaire du regard des autres (surtout des femmes) et parfois calculateur dans son approche des rapports humains…

Photo de bruce mars – Pexels

Dans l’approche MGTOW

Chez les MGTOW, un Alpha n’est pas forcément musclé, ou intelligent, ou habile avec les femmes. C’est surtout un homme qui sait dire non, et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Il est indépendant dans son rapport à la société. Notamment, il attend peu de l’Etat. Il est parfois minimaliste dans son mode de vie et essaye de se concentrer sur le nécessaire afin de laisser autant de place que possible à ses passions.

Dans l’approche MGTOW, la conception d’Alpha et de Beta s’appuie sur la notion de gynocentrisme. Celui qui cherche en permanence à satisfaire les envies des femmes au détriment des hommes est un Beta. Celui qui ignore la pression de la doxa et les techniques de honte des femmes est un Alpha. La validation chez les MGTOW est surtout personnelle, en rapport avec des passions ou des loisirs.

Ce qu’on peut reprocher à l’Alpha MGTOW : il manque parfois de discipline, il ne prend pas autant de responsabilités que ses capacités le lui permettent, il fait passer ses loisirs avant ses “devoirs” et il peut céder à la tentation de la paresse

Photo de Eduardo Dutra Pexels

Ce que cette comparaison nous apprend

Se choisir un modèle d’homme n’est pas aussi simple qu’on le croit, il en existe en réalité bien des variantes… Au sein de l’androsphère, la principale différence réside dans la source de validation : celle des hommes (virilisme), celle des femmes (PUA) ou une validation personnelle (MGTOW)…

Chaque personne qui conceptualise la place de l’homme dans la société a besoin de forger un modèle d’homme, un homme Alpha. Pour prendre une analogie politique, l’homme Alpha est un programme et les concepts théoriques sont des mesures pour y parvenir. Choisissez votre modèle d’homme et vous trouverez le programme qui l’accompagne.

Tout homme a naturellement besoin d’un modèle, et au risque de choquer, ce n’est pas là de la “masculinité toxique”. Ce modèle a traditionnellement été celui du père ou du patriarche qui a disparu avec la décomposition des familles. Ce n’est même plus le héros de film ou de radio, qui sont déconstruits par le néo-féminisme. Aujourd’hui, l’acte de se choisir un modèle masculin est déjà un acte de résistance au rouleau compresseur féministe. Alors, choisissez bien le votre !

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